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Gabon : Joseph Lapensée Essingone alerte sur la dégradation de la sécurité des acteurs politiques

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Par Mauricette BADJINA

La question de la sécurité des acteurs politiques au Gabon s’impose de plus en plus comme une préoccupation majeure. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à Libreville, Joseph Lapensée Essingone, président de la plateforme L’Éveil de la pensée citoyenne, a tiré la sonnette d’alarme face à ce qu’il décrit comme une dégradation inquiétante du climat politique.

D’entrée de jeu, l’orateur a dénoncé une montée progressive des tensions, qu’il attribue à « l’incapacité manifeste du régime actuel à répondre aux attentes suscitées lors des campagnes électorales ». Une situation qui, selon lui, nourrit frustration populaire et radicalisation des positions politiques.

Dans ce contexte, Joseph Lapensée Essingone met en garde contre les dérives possibles, notamment en matière de respect des droits fondamentaux. « Dans un État de droit, les divergences politiques ne doivent jamais être synonymes d’intimidation ou de répression », a-t-il insisté.

L’un des points majeurs de son intervention a porté sur la situation des leaders de l’opposition, qu’il estime de plus en plus exposés. Menaces, intimidations et arrestations seraient désormais, selon lui, récurrentes.

« La protection des acteurs politiques ne doit pas être sélective », a-t-il martelé, plaidant pour une garantie équitable de la sécurité, indépendamment des affiliations politiques.

Revenant sur l’actualité, Alain Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), a été longuement évoqué. Son arrestation, selon Joseph Lapensée Essingone, constitue un tournant préoccupant et soulève des doutes sur l’indépendance de la justice.

Il dénonce ainsi une possible « judiciarisation de la vie politique », où les institutions judiciaires pourraient être instrumentalisées à des fins politiques.

« Lorsque la justice est perçue comme partiale, c’est la confiance du peuple envers l’État qui s’effondre », a-t-il averti.

Au-delà des acteurs politiques, Joseph Lapensée Essingone a élargi son analyse aux activistes et aux organisations de la société civile. Selon lui, ces derniers font face à des pressions croissantes en raison de leur engagement et de leur liberté de ton.

Il regrette un climat où « la parole critique tend à être assimilée à une menace », y voyant un recul significatif des acquis démocratiques.

Alertant sur les conséquences possibles, il estime que l’absence de garanties sécuritaires pourrait conduire à une crispation durable du climat politique, voire à des tensions sociales plus profondes.

« Un pays où les acteurs politiques ont peur de s’exprimer librement est un pays qui s’expose à des crises graves », a-t-il prévenu.

Face à cette situation, Joseph Lapensée Essingone appelle les autorités à agir rapidement pour garantir la sécurité de tous les acteurs politiques, sans discrimination. Il insiste également sur la nécessité de préserver l’indépendance de la justice, pilier fondamental de l’État de droit.

En conclusion, il a lancé un appel à la responsabilité collective, invitant les forces politiques, la société civile et les partenaires internationaux à rester mobilisés pour la défense des libertés fondamentales.

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