Par HBM
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), en collaboration avec la Commission africaine de l’énergie (AFREC), mobilise les États de la sous-région autour du renforcement des systèmes d’information énergétique nationaux. Une réunion ministérielle de haut niveau consacrée à la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre des plans d’action nationaux s’est ouverte ce lundi à Libreville.
Pendant cinq jours, les ministres en charge de l’Énergie des six États membres de la CEMAC, les responsables de la Commission de la CEMAC, les représentants de l’AFREC et de la Commission de l’Union africaine, ainsi que les directeurs généraux des sociétés nationales d’énergie et les responsables des Instituts nationaux de la statistique (INS), vont travailler à la définition d’une feuille de route commune.
Les travaux réunissent également des experts des secteurs de l’énergie et de la statistique, des institutions communautaires, notamment le Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC) et le CEREEC, ainsi que des partenaires techniques et financiers.

L’objectif est de doter la sous-région d’un système d’information énergétique plus performant, capable de produire, collecter, contrôler, harmoniser, analyser et diffuser des données fiables au service de la décision publique.
À l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère gabonais en charge de l’Énergie, Léandre E. Bouloubou, a insisté sur l’importance stratégique de la donnée dans la conduite des politiques énergétiques.
« Nous ne pouvons pas bien planifier ce que nous connaissons mal, ni mesurer efficacement ce que nous ne pouvons pas correctement quantifier. »
Pour le responsable gabonais, la disponibilité de données énergétiques fiables, régulières, harmonisées, comparables et accessibles constitue une condition essentielle à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques.
Cette problématique rejoint celle de la souveraineté énergétique. Pour Nicolas Beyeme Nguema, commissaire à la DPEMF, celle-ci commence notamment par la capacité des États à disposer d’une connaissance précise de leurs ressources, de leurs usages, de leurs déficits, de leurs dépendances et de leurs besoins futurs.
Il a ainsi souligné la nécessité pour les États de pouvoir produire, contrôler, conserver et exploiter leurs propres données, dans le respect des règles communes arrêtées à l’échelle régionale.Au-delà de la mise en place d’outils techniques, les participants devront également réfléchir à la pérennisation du futur dispositif. Les solutions retenues devront, selon les responsables, être adaptées aux capacités techniques et financières des administrations nationales.

L’enjeu est notamment d’éviter la mise en place d’un système trop complexe ou reposant durablement sur une expertise extérieure. La collecte régulière des données, leur validation, la maintenance des outils et leur diffusion devront progressivement s’appuyer sur des ressources nationales et communautaires.
À l’issue des cinq jours de travaux, une feuille de route devrait ainsi préciser les modalités de fonctionnement du système d’information énergétique régional. Elle devra notamment définir la gouvernance du dispositif au niveau de la CEMAC, le rôle des points focaux nationaux, les circuits de transmission des données, les calendriers de production, les procédures de validation ainsi que les conditions d’accès et de diffusion.
À travers cette initiative, la CEMAC et ses partenaires entendent renforcer la disponibilité et la qualité des données énergétiques afin de faciliter la planification, le suivi des politiques publiques et la coopération énergétique entre les six États membres.

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