Par HBM
Un an après leur déguerpissement du lieu-dit « Chez Mackjoss », derrière l’Assemblée nationale, des familles affirment toujours attendre une solution des autorités. Lors d’un point de presse tenu le 8 août, les membres du collectif des déguerpis non relogés et non indemnisés ont demandé à être reçus par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Selon le collectif, plusieurs familles vivent depuis leur déguerpissement dans des conditions particulièrement difficiles, certaines étant toujours sans logement stable. Les représentants dénoncent également la séparation de certaines familles et déplorent plusieurs décès enregistrés depuis le début de cette situation.

« En juin 2025, nous avons été déguerpis. On nous a cassés de façon sauvage. Nous avons été jetés dans la rue comme des rats et beaucoup y sont encore à la belle étoile. Certaines familles sont divisées. Ça fait de la peine », a déclaré M. Aboghe Brice, président du collectif.
Les déguerpis expliquent qu’après l’opération de démolition, un recensement des personnes concernées avait été effectué. Une partie d’entre elles aurait ensuite bénéficié d’un relogement ou d’une indemnisation.
Mais, selon le collectif, le processus se serait progressivement interrompu, laissant plusieurs familles sans réponse.

Les représentants affirment que la contrainte budgétaire qui leur avait été initialement présentée pour expliquer l’absence de prise en charge ne justifierait plus, selon eux, la situation actuelle. Ils s’interrogent donc sur les raisons pour lesquelles certains déguerpis ont pu bénéficier d’un accompagnement tandis que d’autres restent, près d’un an après, sans solution.
Ils dénoncent ainsi ce qu’ils considèrent comme une gestion à deux vitesses de la situation.
Au-delà de la question du logement, le collectif alerte sur les conséquences sociales et économiques du déguerpissement. Les personnes âgées seraient particulièrement affectées par la précarité, tandis que certaines familles rencontreraient d’importantes difficultés pour subvenir à leurs besoins.

« Nous sommes sacrifiés, négligés, abandonnés et exclus. Nous avons l’impression que le pays va à deux vitesses : d’autres obtiennent gain de cause avec rapidité et d’autres sont délaissés », a poursuivi le président du collectif.
Face à cette situation, les déguerpis demandent désormais une rencontre avec le chef de l’État. Ils souhaitent lui exposer directement leur situation et lui soumettre des pistes de sortie de crise afin d’obtenir, selon eux, une réparation comparable à celle accordée aux autres personnes concernées par les opérations de déguerpissement.
Pour le porte-parole du collectif, M. Koumba Moussavou, leur démarche ne se limite pas à l’expression d’une souffrance sociale. Elle relève également, selon lui, du respect des droits et des engagements de l’État.

« Nous demandons simplement que l’État gabonais respecte sa Constitution, notamment les dispositions relatives aux mesures d’expropriation, qu’il respecte l’engagement du chef de l’État qui a promis de rendre aux Gabonais leur dignité et qu’il respecte les engagements internationaux portant sur la sauvegarde de la dignité humaine », a-t-il déclaré.
Le collectif appelle ainsi les pouvoirs publics à reprendre le dossier, à clarifier la situation des personnes recensées et à examiner les cas des familles qui n’auraient bénéficié ni de relogement ni d’indemnisation.
À travers leur demande d’audience, les déguerpis de « Chez Mackjoss » espèrent désormais obtenir une réponse directe du chef de l’État et voir leur situation prise en compte dans le cadre d’une solution définitive.

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