Par Mauricette BADJINA
À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée ce lundi 21 septembre, l’Observatoire chrétien pour la paix (OCP) a choisi de sortir des cadres institutionnels pour aller à la rencontre des populations du PK7, notamment dans le quartier Kol-Ngoum. Une initiative placée sous le thème « Investir dans la paix pour tous et partout », qui a combiné sensibilisation à la cohésion sociale et prévention du paludisme.
Organisation de la société civile basée au Gabon, l’OCP s’appuie sur les valeurs chrétiennes et les principes universels de paix pour mener des actions dans les domaines de la citoyenneté, de la médiation, de la prévention et de la gestion des conflits. Pour cette édition, l’organisation a voulu donner une dimension concrète à son engagement en rapprochant le message de paix des réalités quotidiennes des populations.
Accueillie par Mabika Alain, chef du quartier PK7 Kol-Ngoum, la délégation de l’OCP a échangé avec les habitants autour de la notion de paix et des comportements susceptibles de renforcer la cohésion au sein des familles et de la communauté.

« Nous vous souhaitons la bienvenue dans notre quartier », a déclaré le chef de quartier, saluant cette initiative et réaffirmant la disponibilité de la communauté à accueillir ce type d’action.
Prenant la parole, le révérend prophète Marx Alexandre Ngoua, coordinateur général de l’OCP, a défendu une conception de la paix qui dépasse la seule absence de guerre ou de conflit. Pour lui, celle-ci doit également se traduire dans les relations humaines, la famille et la vie en société.
Son intervention a notamment porté sur le patriotisme, l’amour de la famille, le pardon, l’intégrité, l’honnêteté et l’acceptation de l’autre. Il a appelé les familles à préserver le dialogue et à ne pas abandonner les jeunes face aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.
« Ce qui nous lie est plus fort que ce qui nous divise », a-t-il souligné, invitant les habitants à privilégier le rapprochement et la cohésion.

Le responsable de l’OCP a également insisté sur la responsabilité des jeunes et des parents, notamment en matière de respect mutuel entre les générations et de transmission des valeurs de solidarité, de travail et de pardon.
Au-delà des messages délivrés aux populations, l’OCP a voulu matérialiser son engagement par une action sociale. L’organisation s’est ainsi associée au Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) afin de sensibiliser les habitants aux moyens de prévention de cette maladie.
Pour Marx Alexandre Ngoua, la santé constitue également une composante de la paix.
« Nous avons voulu donner une autre connotation, beaucoup plus pragmatique, à la paix : sortir des salons feutrés et venir au contact des populations », a-t-il expliqué.

Dans cette logique, plus d’une centaine de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées gratuitement, avec une attention particulière portée aux femmes enceintes et aux enfants.
Les bénéficiaires ont également été sensibilisés à l’utilisation correcte des moustiquaires, à leur entretien et aux précautions à prendre afin de préserver leur efficacité.
Présent aux côtés de l’OCP, Ngomo Mba, agent du Programme national de lutte contre le paludisme, a rappelé que la prévention repose aussi sur l’implication des communautés.
Il a notamment insisté sur l’importance de l’assainissement régulier de l’environnement immédiat afin de limiter la prolifération des moustiques, principaux vecteurs du paludisme.
« La moustiquaire imprégnée d’insecticide revêt deux barrières : une barrière physique et une barrière chimique », a-t-il expliqué, recommandant son utilisation comme moyen de prévention contre les piqûres de moustiques.

Le représentant du PNLP a également rappelé l’importance du traitement préventif intermittent (TPI) chez les femmes enceintes, administré dans le cadre des consultations prénatales.
Pour lui, la lutte contre le paludisme ne peut reposer sur les seuls pouvoirs publics. Les associations, les organisations de la société civile et les populations ont également un rôle à jouer, notamment dans la prévention et l’assainissement des cadres de vie.
Du côté des bénéficiaires, l’opération a été accueillie favorablement. Célestine Mboumba, bénéficiaire d’une moustiquaire imprégnée, a exprimé sa satisfaction.
« Merci, c’est une bonne chose. Je suis contente. Merci de nous avoir remis la moustiquaire imprégnée », a-t-elle déclaré.

Elle a toutefois profité de l’occasion pour attirer l’attention sur les difficultés liées à l’insalubrité dans le quartier, appelant notamment les autorités municipales à renforcer les opérations de nettoyage et la gestion des déchets.
En choisissant le PK7 pour marquer la Journée internationale de la paix, l’Observatoire chrétien pour la paix entendait rapprocher le message de paix des préoccupations quotidiennes des populations.
Pour l’organisation, la paix se construit également à travers des gestes concrets : protéger les familles, préserver la santé, prendre soin de son environnement, favoriser le dialogue et renforcer la solidarité.
L’OCP a également appelé les communautés religieuses à poursuivre leur engagement en faveur de la paix et de la cohésion sociale.
« Cette nation a besoin de paix. Cette nation a besoin de cohésion », a rappelé Marx Alexandre Ngoua, invitant les citoyens à faire en sorte que ce qui les rapproche demeure plus fort que ce qui les divise.
Une démarche qui illustre, pour l’OCP, une conviction : la paix ne se décrète pas seulement. Elle se construit au quotidien, dans les familles, les quartiers et au sein de la société.

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