La deuxième édition de la Journée nationale du Mvett Oyeng s’est tenue le samedi 21 mars 2026 au Musée national des Arts, Rites et Traditions de Libreville, dans une atmosphère empreinte de solennité et de fierté identitaire. Placé sous le signe de la valorisation, de la transmission et du rayonnement culturel, l’événement a réuni une pluralité d’acteurs engagés dans la préservation du patrimoine immatériel gabonais.
Organisée par l’ONG Génération Ekang, la rencontre a mobilisé autorités administratives, gardiens des traditions, communautés Ekang, griots, artistes et passionnés de culture, autour d’un symbole majeur de la mémoire collective : le Mvett Oyeng.

Plus qu’un instrument, le Mvett Oyeng s’affirme comme une véritable bibliothèque vivante, un vecteur de sagesse ancestrale et un pilier de l’identité culturelle Ekang. Dans son allocution, le Ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts a souligné la dimension spirituelle, philosophique et éducative de cet art pluriséculaire.
« Avant que la parole ne traverse les hommes… il y avait la voix du Mvett. »
« Celui qui oublie son histoire devient étranger à lui-même. »
Le membre du gouvernement a salué l’inscription du Mvett Oyeng au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, une reconnaissance internationale qui consacre la richesse du patrimoine gabonais et ouvre la voie à la valorisation d’autres expressions culturelles nationales.

Selon lui, cette distinction constitue à la fois :
• un engagement de l’État,
• un engagement envers les communautés détentrices,
• un engagement envers les générations futures.
Le Ministre a également mis en avant plusieurs initiatives déjà engagées pour renforcer la visibilité du Mvett, notamment la participation d’un diseur de Mvett à l’Exposition universelle Osaka 2025, ainsi que la préparation d’une exposition consacrée aux instruments de musique traditionnels au Musée national, où le Mvett occupera une place centrale.
Un hommage appuyé a été rendu aux communautés détentrices, aux experts culturels ainsi qu’aux équipes techniques du ministère ayant contribué à la finalisation du dossier d’inscription à l’UNESCO. Une mention spéciale a été adressée à Madame Angèle Ondo, saluée pour son rôle déterminant dans la promotion et la transmission du Mvett Oyeng.

La célébration a été rythmée par des prestations de griots, des danses traditionnelles et une conférence animée par les intellectuels Grégoire Biyogo et Émeri Sima Eyi. Les intervenants ont rappelé la profondeur philosophique de la tradition Ekang, soulignant que « le nom est une institution et une programmation qui rappelle ce que chacun est appelé à devenir ».
En clôture, le Ministre a insisté sur la portée universelle du Mvett, véritable passerelle entre les générations :
« La parole du Mvett ne meurt pas ; elle voyage d’une bouche à une autre, d’un cœur à un autre. »
À travers cette célébration, le Gabon réaffirme sa volonté de préserver, transmettre et faire rayonner un héritage culturel dont la richesse constitue l’un des fondements de son identité.
Par Mauricette BADJINA

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