À l’occasion de la 14ᵉ édition de la Global Money Week 2026, la COSUMAF s’est mobilisée du 16 au 22 mars 2026 autour du thème international « L’argent, osons en parler », initié par l’OCDE.
Campagne mondiale dédiée à la promotion de l’éducation financière des jeunes et du grand public, la Global Money Week est célébrée dans plus de 176 pays. Dans ce cadre, la COSUMAF a organisé, le 20 mars 2026 à Libreville, une conférence publique et des ateliers pratiques réunissant experts, universitaires, professionnels du secteur financier, enseignants et étudiants autour d’un objectif commun : renforcer la culture financière en zone CEMAC et encourager des décisions économiques éclairées et responsables.
Dans son discours d’ouverture, la présidente de la COSUMAF, Jacqueline Nkembe Adiaba, a souligné l’importance stratégique de cette campagne mondiale portée par l’OCDE. Se disant « heureuse de prendre le train de la Global Money Week 2026 », elle a rappelé que cette semaine d’activités vise à sensibiliser les jeunes et le grand public à la gestion responsable de l’argent.

Insistant sur le message central de l’édition – « Apprendre. Épargner. Gagner. » – elle a mis en avant la nécessité de former les enfants et les jeunes dès le plus jeune âge à une utilisation responsable des ressources financières.
« Lorsqu’on apprend à utiliser l’argent que l’on reçoit dès la jeunesse, on construit une culture de l’épargne qui servira plus tard à gagner pour soi-même, pour sa famille, son entreprise et pour la société », a-t-elle affirmé.
La présidente a également alerté sur la prolifération des arnaques financières dans un environnement numérique en constante évolution, mettant en garde contre les promesses de gains rapides et sans risque.
S’appuyant sur la définition de l’éducation financière donnée par l’OCDE, elle a rappelé que celle-ci permet aux citoyens d’acquérir « les compétences et la confiance nécessaires » pour faire des choix raisonnés et protéger durablement leur bien-être financier. Elle a appelé à une mobilisation collective afin d’encourager le dialogue autour de l’argent au sein des familles et de la société.
La journée s’est articulée autour de trois panels thématiques.

• Le premier panel, consacré à la gestion du budget et à l’épargne des femmes, modéré par Winnie Mengue, a abordé la structuration des revenus et des dépenses, les obstacles socioculturels à l’épargne féminine ainsi que les stratégies permettant de dégager une capacité d’épargne.
• Le deuxième panel, modéré par Jean‑Charles Eliot Damango, s’est intéressé aux questions essentielles à se poser avant d’épargner ou d’investir. Les échanges ont permis de clarifier la différence entre épargne de précaution et investissement, de présenter la notion de profil de risque et d’exposer les bonnes pratiques pour éviter les arnaques financières.
Intervenant lors de ce panel, Ndzebgue Mbomba Gildas, président de l’AGUB, a souligné que l’épargne constitue une étape essentielle dans la préparation de l’avenir. Il a insisté sur deux critères majeurs : la sécurité du capital et la liquidité des placements.
Selon lui, certains instruments du marché financier, notamment les obligations, peuvent offrir des taux de rendement supérieurs à ceux des comptes d’épargne traditionnels. Il a également relevé la méconnaissance des comptes-titres par le grand public, appelant à une meilleure vulgarisation de ces outils afin de favoriser un basculement progressif vers des placements plus structurés et potentiellement plus rémunérateurs.

• Le troisième panel, modéré par Sylvie Bertille Belibi Nemana, a mis en lumière le rôle du système éducatif dans la diffusion de la culture financière. Les intervenants ont plaidé pour une intégration progressive des notions économiques et boursières dans les programmes scolaires.
Parmi eux, Brice Indong Alota, responsable des réclamations à l’AGUB et enseignant en économie et finance, a rappelé que l’inflation, estimée à environ 2,5 %, réduit progressivement le pouvoir d’achat des ménages et renforce la nécessité de mettre en place une épargne structurée.
Il a insisté sur le rôle protecteur de l’épargne, la présentant comme un mécanisme de sécurité permettant de faire face aux imprévus, de préserver son autonomie financière et d’orienter ses investissements futurs.
« Lorsqu’un problème survient et que nous n’avons pas épargné, nous ne pouvons pas y répondre positivement, parce que nous n’avons pas anticipé », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de développer une culture financière adaptée aux réalités économiques locales.
À travers cette initiative, la COSUMAF réaffirme son engagement en faveur de la protection des investisseurs, de la transparence du marché financier, de l’inclusion financière et du renforcement des capacités des jeunes et du grand public.
La conférence du 20 mars 2026 a ainsi permis d’articuler éducation, protection et opportunités, mettant en évidence une idée centrale : l’épargne constitue à la fois un outil de préparation, de sécurité et de liberté financière.
Par Mauricette BADJINA

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