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Crise à la FEGAFOOT : footballeurs et clubs amateurs dénoncent un processus électoral « irrégulier »

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La contestation s’intensifie autour du renouvellement du comité exécutif de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT). Réunis en conférence de presse ce lundi à Malibé 1, les représentants de l’Association nationale des footballeurs professionnels du Gabon (ANFPG), de l’Association des footballeurs du Gabon (AFG) et du Collectif des clubs amateurs affiliés à la FEGAFOOT ont exprimé une opposition ferme au processus électoral en cours, qu’ils jugent entaché d’irrégularités majeures.

Autour de Rémy Ebanga (ANFPG), Kouka Gaïtan (AFG) et Ndong Parfait (Collectif des clubs amateurs), les intervenants ont dressé un constat préoccupant : le football gabonais traverserait une crise profonde de gouvernance, de légalité et de représentativité.

Dans un communiqué conjoint, les trois entités affirment que le processus de renouvellement du comité exécutif « ne peut pas se dérouler comme si de rien n’était ». Elles dénoncent notamment :

• des irrégularités dans l’organisation des élections,

• le non-respect des textes réglementaires,

• des statuts jugés non conformes à la législation gabonaise,

• ainsi qu’un manque de transparence dans la conduite du processus électoral.

Au cœur des critiques figure la modification des statuts de la FEGAFOOT intervenue en mai 2025, en pleine période électorale. Une démarche que les signataires estiment de nature à fragiliser la crédibilité du scrutin et à compromettre l’équité entre les différents acteurs du football national.

Tout en affirmant leur attachement au respect des institutions sportives, les représentants des footballeurs et des clubs amateurs soulignent que ce respect doit être réciproque. À défaut, préviennent-ils, ils sont prêts à « aller jusqu’à l’extrême », estimant qu’aucune élection ne saurait être organisée dans les conditions actuelles.

Les organisations appellent ainsi les autorités gabonaises à assumer leurs responsabilités, notamment le ministère en charge des Sports, afin de garantir le respect de la légalité. Elles rappellent qu’aucune fédération ne peut se placer au-dessus des lois de la République et exhortent les institutions à ne pas rester silencieuses face à ce qu’elles considèrent comme des dérives graves.

Au-delà du processus électoral, les intervenants ont également mis en cause le bilan du comité exécutif sortant. Selon eux, un examen approfondi de la gestion passée s’impose avant toute reconduction, évoquant des interrogations relatives à l’éthique, à la gouvernance et à la responsabilité au sein de l’instance dirigeante.

Autre point de tension : la marginalisation des clubs amateurs. Les organisations dénoncent leur exclusion du Congrès de la FEGAFOOT, qualifiée de « scandale démocratique ». Une mise à l’écart qui, selon elles, prive une grande partie des acteurs du football gabonais de toute participation aux décisions structurantes.

Se disant lassés de décennies de silence, footballeurs et clubs amateurs affirment désormais refuser toute passivité. Ils contestent le processus électoral « dans sa forme comme dans son fond » et plaident pour une refondation du football gabonais fondée sur la légalité, la transparence et la responsabilité.

« Le football gabonais mérite mieux », ont-ils insisté, appelant à l’ouverture d’une nouvelle ère après seize années qu’ils jugent marquées par des dysfonctionnements persistants.

 

Par Mauricette BADJINA

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