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Naufrage de l’Esther Miracle : les victimes expriment leur insatisfaction et leurs attentes lors d’un point de presse

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Réunis dans les locaux de Gabon Media Time, les rescapés et familles des victimes du naufrage de l’Esther Miracle, conduits par la présidente de l’Association des familles des victimes, Kogou Moussavou Chantly Verda, ont tenu un point de presse ce samedi 28 février. Objectif : faire entendre leur voix, quelques jours après l’ouverture du procès lié à cette tragédie maritime survenue il y a bientôt trois ans.

Face aux médias, les intervenants ont articulé leur communication autour de deux axes majeurs : le déroulement du procès entamé le 26 février 2026 et les attentes profondes des victimes et des familles endeuillées.

Si les victimes saluent l’ouverture effective du procès, longtemps espérée, elles n’ont pas caché leur insatisfaction quant à l’organisation et aux conditions de l’audience.

Selon la présidente de l’association, plusieurs incompréhensions sont survenues entre la partie civile et les avocats, entraînant une situation particulièrement difficile pour les victimes présentes.

« Il y a eu la sortie de tous les avocats et nous nous sommes retrouvés laissés pour compte. Sans nos conseils, nous étions perdus face aux termes juridiques et au déroulement de l’audience », a déclaré Kogou Moussavou Chantly Verda.

Les familles expliquent que l’audience ne peut se dérouler convenablement sans la présence effective de leurs avocats, indispensables à la compréhension des débats judiciaires.

Les participants ont également relevé d’importantes insuffisances logistiques, notamment :

• l’absence de microphones dans la salle d’audience, empêchant une bonne compréhension des échanges ;

• un manque d’information sur le déroulement du procès ;

• l’absence de calendrier clair concernant la durée des audiences.

Plusieurs victimes venues de l’intérieur du pays affirment avoir effectué le déplacement à leurs propres frais, assumant les coûts de transport, d’hébergement et de restauration.

« Nous n’étions pas préparés à un procès aussi long ni à être appelés à témoigner. Beaucoup vivent loin de Libreville et doivent s’organiser à l’avance », ont souligné les représentants des familles.

Les victimes demandent que le procès soit mieux planifié, avec une estimation de sa durée. Elles préviennent également qu’elles ne participeront plus aux prochaines audiences en l’absence de leurs avocats dûment préparés et disposant de dossiers complets.

Malgré ces critiques, les familles réaffirment leur confiance envers la justice gabonaise et espèrent que ces préoccupations seront prises en compte avant la reprise du procès, dont la prochaine date reste inconnue.

À l’approche du 9 mars 2026, date marquant le troisième anniversaire du drame, l’émotion demeure vive. Les victimes ont présenté trois principales attentes.

1. La manifestation de la vérité et l’établissement des responsabilités

Les familles exigent que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que chaque acteur impliqué réponde de ses actes.

« Nous parlons de vies brisées et de pertes humaines irréparables. Certaines familles, dont la mienne, ont perdu plusieurs proches. Nous voulons des réponses pour commencer notre deuil », a confié la présidente de l’association.

Les victimes souhaitent également que ce procès permette de prévenir de futurs drames maritimes au Gabon.

2. Le renforcement urgent des mesures de sécurité maritime

Deuxième attente majeure : l’amélioration réelle des conditions de sécurité dans le transport maritime.

Selon l’association, des incidents continuent d’être signalés en mer, alimentant la peur chez les survivants et les familles.

« Beaucoup n’arrivent plus à monter dans un bateau à cause du traumatisme. Des mesures concrètes doivent être prises pour que ce genre de catastrophe ne se reproduise plus jamais. »

3. Un accompagnement humain, psychologique et social

Les victimes réclament un soutien durable pour les rescapés, veuves, orphelins et familles des disparus.

Trois ans après le drame, plusieurs survivants vivent encore dans un traumatisme profond, tandis que certaines familles font face à des difficultés financières importantes après la perte du principal soutien familial.

Les familles dénoncent l’absence d’un accompagnement psychologique structuré et appellent à la mise en place d’une aide sociale adaptée.

Parmi les demandes symboliques figure l’érection d’une stèle commémorative au Port-Môle, lieu devenu hautement symbolique pour les familles.

Cette stèle porterait les noms des disparus et permettrait aux proches — notamment ceux dont les corps n’ont jamais été retrouvés — de disposer d’un lieu de recueillement.

Les victimes souhaitent également que le 9 mars devienne une date officielle de commémoration nationale.

Créée à l’issue de la deuxième commémoration du naufrage, l’Association des familles des victimes de l’Esther Miracle se présente comme une communauté unie par un lien émotionnel plutôt que sanguin.

Son objectif est d’accompagner les familles laissées pour compte et de contribuer aux réflexions sur la sécurité maritime. Les responsables indiquent avoir déjà déposé les documents nécessaires pour obtenir une reconnaissance juridique officielle.

Malgré les frustrations exprimées, les victimes se disent soulagées de voir enfin la justice se saisir du dossier après trois années d’attente.

Mais à l’approche du troisième anniversaire du drame, une urgence demeure :« Il faut que les choses avancent pour que nous puissions au moins commencer à faire notre deuil. » a confié Mme Kogou Moussavou chantly verda

 

Par Mauricette BADJINA

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