Initialement prévue comme une simple assemblée générale, la rencontre du collectif SOS Santé tenue ce samedi 28 fevrier au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) s’est finalement muée en un point de presse marqué par des déclarations fermes des professionnels de santé. Entre appel au dialogue et avertissement clair aux autorités, les membres du mouvement dénoncent l’absence d’avancées concrètes concernant leur situation administrative, malgré plusieurs engagements gouvernementaux.
Prenant la parole en premier, Boucka Nzingou Michel, intervenant principal, a dressé un état des lieux préoccupant. Il a rappelé que, malgré les engagements pris par les plus hautes autorités du pays, aucune avancée concrète n’a été enregistrée au 25 février 2026.
Selon lui, de nombreux professionnels continuent d’exercer sans régularisation administrative, dans une précarité persistante marquée par l’absence de recrutement et de reconnaissance officielle.
« Malgré les promesses du Président de la République, aucune situation administrative n’a changé. Nous avons respecté les trois mois d’attente demandés, mais aucun compte n’a évolué et aucun recrutement n’a été effectué », a-t-il déclaré.
Au cours des échanges, les membres de SOS Santé ont rappelé les points clés de leur cahier de charges, redéposé les 14 et 24 janvier auprès des autorités :
• Régularisation immédiate des situations administratives ;
• Recrutement officiel et intégration à la Fonction publique ;
• Prise en compte effective du cahier de charges ;
• Amélioration des conditions de travail dans les structures sanitaires ;
• Reconnaissance professionnelle et statutaire des agents ;
• Dialogue direct et inclusif avec la base ;
• Mise en place d’une commission tripartite pour une résolution durable.
Selon les intervenants, ces revendications visent autant la justice sociale pour les agents que l’amélioration de la qualité des soins offerts aux populations.
Prenant la parole à son tour, Ntolo Esso Marié Blanche a dénoncé l’attitude de certains syndicalistes accusés de fragiliser le mouvement en remettant en cause la légitimité de la base.
Elle a rappelé que le cahier de charges avait été redéposé sans suite favorable, malgré le déplacement des agents au ministère. Elle a également précisé que l’assemblée générale avait été suspendue après un appel des autorités, conduisant à l’abandon temporaire du projet de « lundi noir » afin de privilégier le dialogue.
Elle a toutefois averti :
« Une grève peut être décidée même en une seule journée. »
Troisième intervenant, Mounéngué Emmanuel a adopté une position ferme contre toute nouvelle trêve sociale dans le secteur de la santé.
Selon lui, après onze années de trêve sans résultats concrets, cette option ne convainc plus la base.
« Une nouvelle trêve serait une pilule qui n’aura plus d’effet », a-t-il affirmé.
Il a insisté sur le fait que seule la satisfaction préalable du cahier de charges permettra un véritable apaisement.
« Que les autorités répondent d’abord à notre cahier de charges. Lorsque les agents seront satisfaits, la trêve viendra d’elle-même. »
Au-delà des revendications, les membres de SOS Santé ont dressé un constat global des difficultés qui affectent le système sanitaire national :
• Précarité administrative du personnel ;
• Absence de recrutements malgré les besoins ;
• Surcharge de travail dans les hôpitaux ;
• Manque de reconnaissance professionnelle ;
• Lenteurs administratives ;
• Tensions entre syndicats et base ;
• Insuffisance de dialogue avec les agents de terrain.

Selon eux, ces dysfonctionnements alimentent le malaise du personnel et impactent directement la qualité des soins offerts aux populations.
Le collectif appelle désormais à l’organisation urgente d’une commission tripartite réunissant le gouvernement, le ministère concerné et les représentants de la base, afin de trouver une solution durable à la crise. Cette rencontre est souhaitée au plus tard la semaine prochaine pour éviter une escalade sociale.
Tout en acceptant de répondre une nouvelle fois à l’appel des autorités, SOS Santé prévient que sa patience atteint ses limites :
« Si rien n’est fait après cette prochaine rencontre, nous passerons à la vitesse supérieure », ont averti les responsables
Dans un contexte où de nombreux professionnels attendent toujours leur régularisation administrative, l’issue des prochaines discussions apparaît déterminante pour la stabilité du climat social dans les hôpitaux publics gabonais. Patients et personnels espèrent désormais des décisions concrètes afin d’éviter une nouvelle crise dans un secteur déjà fragilisé.
Par Mauricette BADJINA

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