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Gabon : la marche pacifique de la coalition pour le salut du football stoppée par la police

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Prévue ce vendredi 3 avril 2026, la marche pacifique initiée par la Coalition pour le salut du football gabonais n’a finalement pas eu lieu. À l’origine de cette mobilisation figuraient plusieurs candidats à la présidence de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), notamment Gabin Zogo Mintsa, Axel Nguema Edou et Darneau Essia Ndong.

Selon les organisateurs, la manifestation visait à contester la candidature du président sortant, Pierre-Alain Mounguengui, seul candidat à sa propre succession. Toutefois, la marche a été empêchée par les forces de police, au motif de l’absence d’une autorisation formelle du ministère de l’Intérieur, malgré une notification introduite dans les délais par les initiateurs.

Pour la coalition, cette candidature unique traduit un dysfonctionnement du processus électoral, qu’elle juge entaché d’irrégularités. Les membres du collectif dénoncent notamment une violation présumée du code électoral ainsi que des manquements dans les procédures d’habilitation, susceptibles de compromettre la transparence et la crédibilité du scrutin.

NDONG parfait ancien internationale

« Notre marche visait à exprimer au ministre notre mécontentement face à la candidature de Pierre-Alain Mounguengui », a déclaré l’ancien international Ndong Parfait.

Selon plusieurs acteurs du mouvement, la situation actuelle soulève des interrogations quant à la régularité des élections, certains estimant que la fédération ne remplirait pas toutes les conditions administratives requises pour organiser le scrutin. Les contestataires évoquent également l’absence de documents réglementaires pour certains clubs appelés à participer au vote.

Pour les membres de la coalition, la crise du football gabonais dépasse le simple cadre sportif. Ils rappellent que cette discipline constitue un levier d’encadrement et d’éducation pour la jeunesse.

« Les enjeux du football sont sociaux. Il ne s’agit pas seulement de l’équipe nationale, mais aussi de l’éducation des jeunes. Il faut des dirigeants dotés d’éthique, d’intégrité et de valeurs », a confié un sportif présent sur les lieux, dénonçant douze années de gestion jugée insuffisante.

Empêchés de marcher, plusieurs membres du collectif ont été escortés par la police vers les locaux du ministère des Sports, où ils espéraient obtenir une audience avec l’autorité de tutelle.

« Nous pensons rencontrer le ministre afin de lui faire comprendre que nous nous dirigeons vers un KO institutionnel, alors qu’il dispose des leviers juridiques nécessaires pour constater les dérives observées dans notre football depuis douze ans », a déclaré Axel Nguema Edou.

Une vue du Dr Axel NGUEMA EDOU

De son côté, Engouang Sylvestre, président de la coalition, a pointé du doigt l’absence de réponse aux courriers adressés au cabinet du ministre.

Pour Darneau Essia Ndong, l’urgence n’est pas la tenue de l’élection, mais plutôt l’assainissement de l’environnement institutionnel du football gabonais afin de repartir sur de nouvelles bases.

« Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas tolérable sous la 5e République. Le ministre a l’opportunité de marquer l’histoire ; il doit faire preuve de courage et nous le soutiendrons », a-t-il affirmé.

Une vue du DC et le conseiller du ministre

La tension autour de l’élection à la Fegafoot s’est accentuée ces derniers jours, après lavalidation d’une liste définitive ne comportant qu’un seul candidat, Pierre-Alain Mounguengui, ouvrant la voie à un nouveau mandat sans concurrence.

Face à cette situation, la coalition s’interroge désormais sur la position du ministère des Sports : validera-t-il un scrutin jugé biaisé par une partie des acteurs du football, ou décidera-t-il d’intervenir pour garantir la crédibilité du processus électoral ?

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