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Formation professionnelle : les syndicats durcissent le ton et appellent à une mobilisation générale à Libreville

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Par Mauricette BADJINA

À la veille d’un rassemblement annoncé comme décisif, la coalition des syndicats de la formation professionnelle hausse le ton. Réunis ce mardi 14 avril 2026 au centre de Nkembo, à Libreville, les acteurs du secteur ont tenu une journée préparatoire marquée par des prises de position fermes face à ce qu’ils qualifient de « silence préoccupant » des autorités.

Autour du Syndicat national de la formation et de l’enseignement (SYNEFEL) et du Syndicat national des enseignants et personnels de la formation professionnelle (SYNEPFP), enseignants et responsables syndicaux ont dressé un tableau alarmant de la situation actuelle.

Des revendications anciennes, toujours sans réponse

Au cœur des échanges, plusieurs doléances jugées prioritaires :

• 18 mois de primes impayées ;

• le règlement des vacations liées à l’examen du Brevet de Technicien Supérieur (BTS) ;

• l’amélioration des conditions de formation initiale et continue ;

• la mise à disposition de la matière d’œuvre ;

• la publication du calendrier des examens et concours.

Pour les syndicats, ces revendications ne sont pas nouvelles, mais traduisent un malaise structurel qui s’installe durablement dans le sous-secteur de la formation professionnelle.

« Une situation devenue critique »

Prenant la parole au nom du SYNEFEL, son président, Marc Gnassa Poutou, a dénoncé une dégradation continue des conditions de travail :

« Depuis plusieurs mois, les enseignants travaillent dans des conditions difficiles, sans percevoir leurs primes. Cela impacte directement leur motivation et la qualité de la formation dispensée. »

Au-delà du constat, le responsable syndical interpelle directement les pouvoirs publics sur le respect de leurs engagements :

« Nous ne demandons pas des faveurs, mais simplement le respect des engagements pris par l’État. »

Du côté du SYNEPFP, l’accent a été mis sur les perturbations liées à l’organisation des examens. L’absence de calendrier officiel, selon ses responsables, plonge enseignants et apprenants dans une incertitude permanente.

Autre point de crispation : le manque criant de ressources pédagogiques. Dans un secteur où la pratique est essentielle, l’insuffisance de matière d’œuvre compromet directement la qualité de la formation.

Au-delà des revendications sectorielles, cette mobilisation traduit une tension sociale plus large dans un contexte où plusieurs corps de métier interpellent les autorités sur leurs conditions de travail et de rémunération.

Pour les syndicats de la formation professionnelle, l’enjeu dépasse désormais les simples revendications corporatistes. Il s’agit, selon eux, de préserver l’avenir même du système de formation technique au Gabon, pilier essentiel de l’employabilité des jeunes.

En ligne de mire : le grand rassemblement prévu ce mercredi 15 avril 2026 à la Mosquée centrale de Libreville, avant une marche en direction de la Présidence de la République.

Les organisateurs appellent à une mobilisation massive des enseignants, personnels et sympathisants, afin de faire entendre leurs revendications et contraindre les autorités à ouvrir des négociations concrètes.

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