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Crimes rituels au Gabon : après la polémique, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso s’explique et appelle à briser l’impunité

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Au cœur d’une vive controverse avec le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG), le 2ᵉ vice-président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, est sorti de son silence. Lors d’un point de presse organisé à Libreville, l’élu a tenu à clarifier ses propos sur les crimes rituels, à présenter des excuses au corps judiciaire et à réaffirmer son engagement dans la lutte contre un phénomène qui continue de hanter la société gabonaise.

La controverse trouve son origine dans une session du CESEC consacrée à la lutte contre les crimes de sang, communément appelés crimes rituels. Ces travaux, engagés par l’institution consultative, visent à produire un avis destiné à orienter les politiques publiques face à un phénomène régulièrement dénoncé par la société civile.

Le 3 mars 2026, plusieurs experts ont été auditionnés au cours d’une session élargie. Parmi eux figuraient un docteur en droit, magistrat et auteur d’ouvrages consacrés aux crimes rituels, ainsi qu’un ancien élève magistrat devenu avocat et ancien directeur général d’une école de formation judiciaire.

Selon les analyses présentées lors de ces auditions, près de 90 % des crimes rituels impliqueraient des personnalités politiques, tandis que les autres cas concerneraient des hommes d’affaires, des responsables religieux ou d’autres figures influentes.

Les experts ont également évoqué les difficultés rencontrées dans le traitement judiciaire de certains dossiers sensibles, ainsi que l’existence de réseaux liés au trafic d’organes.

C’est dans ce contexte que Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a évoqué l’implication possible de certaines catégories d’acteurs dans ces crimes, évoquant notamment des individus qu’il a qualifiés de « malades mentaux ».

Le 9 mars, la diffusion partielle des échanges par le service de communication du CESEC provoque une onde de choc. Deux jours plus tard, le président du Syndicat national des magistrats du Gabon accuse publiquement l’élu d’avoir déclaré que « les magistrats sont des malades mentaux ».

Selon lui, ses propos visaient exclusivement les individus impliqués dans les crimes rituels, et non l’ensemble du corps judiciaire. Dans sa formulation complète, il évoquait « certains politiciens, certains magistrats, certains hommes d’affaires ou certains religieux » susceptibles d’être impliqués dans ces pratiques.

« Mon objectif n’a jamais été d’insulter la magistrature », a-t-il insisté lors de son point de presse, regrettant que le SYNAMAG n’ait pas cherché à échanger avec lui avant de rendre l’affaire publique.

Au-delà de la polémique, les auditions du CESEC ont été marquées par plusieurs témoignages particulièrement marquants.

Un psychiatre entendu par les conseillers a estimé que seuls des individus « anormaux, inhumains et mentalement déséquilibrés » pouvaient croire qu’il était nécessaire de tuer ou de mutiler pour réussir socialement.

Mais c’est surtout le récit d’une mère ayant perdu son enfant dans un crime rituel qui a profondément marqué les participants. Convaincue que l’auteur présumé était incarcéré, elle a découvert plusieurs années plus tard qu’il avait été libéré à la suite d’une requalification de l’instruction et qu’il vivait désormais en Europe.

La révélation aurait provoqué chez elle un malaise en pleine banque

 

Par Mauricette BADJINA

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