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Ordre des médecins : une assemblée générale placée sous le signe des réformes et de la modernisation

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Par Mauricette BADJINA

Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a tenu, le samedi 31 janvier 2026, son assemblée générale à l’amphithéâtre de l’immeuble Arambo. Cette rencontre décisive, structurée en deux grandes séquences, a permis aux médecins de dresser un bilan sans complaisance des activités menées au cours de l’année écoulée, tout en ouvrant un vaste chantier de modernisation des outils de gouvernance de la profession.

La première partie de l’assemblée générale a été consacrée à la présentation des rapports moral et financier du bureau. L’objectif était de permettre aux confrères d’apprécier le travail accompli, d’exprimer leurs observations et de formuler des propositions. Les échanges, nourris et parfois critiques, ont abouti à de nombreuses recommandations appelées à se traduire en résolutions fortes en vue d’améliorer le fonctionnement du Conseil.

Parmi les principales préoccupations soulevées, la question de la communication et de la formation a occupé une place centrale. Plusieurs médecins ont estimé que l’Ordre ne communiquait pas suffisamment et ne proposait pas assez de sessions de formation continue, pourtant essentielles à l’amélioration de la qualité des pratiques médicales.

La seconde séquence de l’assemblée générale a porté sur la révision des outils de gouvernance de l’Ordre, un exercice jugé indispensable au regard de l’ancienneté des textes en vigueur, issus de l’ordonnance n°34/75 du 10 juin 1975, qui accusent aujourd’hui le poids de près d’un demi-siècle d’existence.

Les participants ont souligné la nécessité d’adapter ces textes à la dynamique institutionnelle de la Ve République gabonaise. Plusieurs points majeurs ont ainsi été examinés, notamment :

• la révision du règlement intérieur, en particulier de l’article 18 relatif aux pénalités applicables aux médecins non inscrits depuis 2002 ;

• la clarification du statut d’exercice, l’absence d’inscription au tableau de l’Ordre constituant un exercice illégal de la médecine, conformément à l’article 36 de l’ordonnance de 1975 ;

• l’intégration du futur Code de la santé, actuellement en phase finale d’élaboration ;

• l’adoption d’un code de déontologie propre à l’Ordre, véritable socle des règles professionnelles et éthiques.

Des commissions spécialisées seront mises en place pour travailler sur ces réformes. Elles disposeront d’un délai d’un mois et demi pour proposer des textes consolidés, qui seront soumis à une nouvelle assemblée générale. Le bureau du CNOM pourra ensuite porter ces propositions auprès du ministre de la Santé afin d’obtenir des outils de gouvernance modernisés et conformes aux attentes de la profession.

Dans son allocution, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, le Dr Emmanuel Ogandaga, est revenu sur les activités menées en 2025. Il a rappelé que l’année écoulée a été marquée par la poursuite des inscriptions, mission fondamentale de l’Ordre, la mise en place d’un réseau professionnel visant à renforcer la collaboration entre médecins et institutions de santé, ainsi que l’intégration de l’Ordre au Réseau gabonais pour la performance du système de santé, aux côtés des facultés et des sociétés savantes.

Sur le plan international, l’Ordre s’est illustré par sa participation à la fondation de l’Association des ordres francophones d’Afrique. Le Gabon a également pris part, à travers le CNOM, à une rencontre au Maroc, à l’invitation de la Fondation Mohammed VI, consacrée aux thématiques de la performance des systèmes de santé et de la souveraineté sanitaire. Cette rencontre a permis au pays de s’approprier des éléments clés autour des six paliers de performance, dont deux concernent directement l’Ordre : la recherche médicale et la formation.

Malgré ces avancées, le président a souligné les difficultés financières persistantes de l’institution, les cotisations recouvrées ne représentant qu’environ 20 % des montants attendus.

L’assemblée générale s’est achevée par l’annonce des prochaines échéances. Conformément à la loi, dès lors que le processus électoral est engagé, une nouvelle assemblée générale devra être organisée dans un délai de deux mois afin de procéder au renouvellement du bureau. Une perspective qui ouvre une nouvelle phase pour l’Ordre des médecins, appelé à poursuivre sa modernisation et à renforcer son rôle dans l’amélioration du système de santé gabonais.

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