Par Mauricette BADJINA
La salle Arambo a fait le plein ce dimanche 8 février, lors d’une rencontre d’envergure réunissant imams, chefs communautaires, sages, associations musulmanes et représentants diplomatiques. Cette mobilisation, placée sous la présidence du chef de la communauté musulmane du Gabon, Abdoul Razzaq Guy Kambogo, marque une volonté affirmée de structurer davantage l’action sociale et citoyenne des fidèles.
Au cœur des échanges : les responsabilités spirituelles, sociales et civiques de la communauté musulmane face aux défis contemporains. Dans son allocution, Abdoul Razzaq Guy Kambogo a rappelé les principes fondamentaux de l’islam — solidarité, moralité, éducation, accompagnement des plus vulnérables, fraternité et cohésion — qu’il considère comme des leviers essentiels pour renforcer l’ancrage de la communauté dans la société gabonaise.

Il a également appelé les fidèles à prendre part à l’élan national impulsé par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, soulignant que les réformes engagées pour conduire le pays vers un développement durable nécessitent l’adhésion de toutes les composantes de la nation.
« Le développement diversifié du Gabon exige des décisions parfois difficiles. Il est essentiel que nous soyons unis pour accompagner ces transformations dans l’intérêt de tous les Gabonais », a-t-il déclaré.
L’un des points centraux de la rencontre a porté sur l’élaboration d’un plan d’action visant à renforcer l’autonomie de la communauté musulmane. Parmi les priorités annoncées :
• le renforcement des capacités organisationnelles et structurelles ;
• la construction d’infrastructures éducatives, sanitaires et sociales ;
• la formation des imams, prédicateurs et fidèles ;
• la promotion de la formation professionnelle pour lutter contre le chômage ;
• l’attraction d’investissements destinés à soutenir ces initiatives.
L’objectif est de doter la communauté d’outils durables lui permettant de contribuer davantage au développement national.

La question du titre foncier de Malibé a également été examinée. Propriétaire du terrain, la communauté musulmane fait face à l’occupation non autorisée d’une partie du site, conséquence du retard dans la mise en œuvre des infrastructures prévues.
Le Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon privilégie une approche basée sur le dialogue et l’intégration plutôt que le déguerpissement. Des discussions sont en cours afin de régulariser la situation tout en préservant les droits fonciers de la communauté.
Les participants ont enfin évoqué la création d’un fonds de solidarité destiné à financer des projets sociaux, éducatifs et économiques. Ce mécanisme vise à renforcer l’entraide interne et à soutenir des initiatives structurantes au bénéfice des musulmans du Gabon.

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