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Éducation Nationale au bord de l’implosion : SOS Éducation défie le Gouvernement

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L’école publique Martine-Oulabou a servi de cadre à une assemblée générale décisive qui a rassemblé des milliers d’enseignants venus des différents établissements de la capitale et de l’intérieur du pays. À l’appel de SOS Éducation, principal interlocuteur des autorités, les enseignants ont réaffirmé leur détermination à aller « jusqu’au bout » pour défendre leur dignité professionnelle et obtenir des réponses concrètes à leurs revendications.

À cette occasion, la coordination du mouvement a présenté à la base le compte rendu des échanges récents avec la ministre de l’Éducation nationale. Des discussions jugées largement insatisfaisantes par les enseignants, qui estiment que le gouvernement refuse toujours de prendre la pleine mesure de la crise qui secoue le secteur éducatif.

Parmi les principaux griefs évoqués figurent l’absence d’avancement et de titularisation pour de nombreux enseignants cumulant entre 16 et 20 ans de service, des salaires stagnants autour de 303 200 FCFA, ainsi que des rappels de solde impayés depuis 2015. La proposition ministérielle relative aux vacations, fixées à 1 500 FCFA, est perçue comme une véritable provocation, très loin des attentes d’un corps enseignant en grande détresse sociale.

Face à cette situation, les enseignants exigent des mesures concrètes et immédiates : paiement intégral des rappels, avancements et reclassements, ainsi que la régularisation des situations administratives. Pour nombre d’entre eux, seule une intervention directe du chef de l’État serait désormais en mesure de débloquer la crise. Le doyen Marcel Libama, l’un des porte-parole emblématiques du mouvement, a d’ailleurs appelé à une grande mobilisation nationale afin de contraindre le gouvernement à assumer enfin ses responsabilités.

Pour rappel, la ministre de l’Éducation nationale avait récemment rencontré les partenaires sociaux au complexe scolaire d’Alibandengue. Toutefois, ces discussions se sont soldées par un échec, renforçant davantage la détermination des enseignants. Selon Ndong Évariste, représentant du corps enseignant, la reprise des cours n’aura pas lieu comme initialement prévue. Ainsi, le lundi 12 janvier 2025, le mouvement de grève sera durci sur l’ensemble du territoire national.

La crise du secteur éducatif gabonais s’enlise dangereusement. Plus que jamais déterminés, les enseignants réclament justice, reconnaissance et respect. Pendant ce temps, le pays retient son souffle, dans l’attente d’une décision politique forte, capable de mettre un terme à un conflit qui gangrène le système éducatif depuis trop longtemps.

 

Par  Mauricette  BADJINA

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