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Trésor public : L’épine sous le pied de l’ITIE-Gabon ?

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L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE-Gabon) traverse une zone de turbulence.

Réunis en conférence de presse ce lundi au siège de l’institution, les responsables ont tiré la sonnette d’alarme sur l’état préoccupant du mécanisme national de transparence, désormais menacé par de graves blocages administratifs et financiers.

Selon les responsables de l’ITIE-Gabon, la structure peine à remplir ses obligations faute de moyens. Au cœur des difficultés : le non-paiement de la dette due au cabinet Moore Insight, prestataire chargé d’appuyer la production du rapport ITIE, et le manque d’activités de terrain pour collecter les données exigées par la norme internationale.

« Le ministre d’État a donné toutes les orientations pour le paiement de l’ardoise. Tous les dossiers ont été transmis au Trésor, mais à ce jour, aucun paiement n’a été effectué. Nous ne comprenons pas ce qui se passe », a confié M. Guy René Mombo Lembomba, membre du collège de la société civile.

Pour de nombreux observateurs, la situation actuelle ravive le souvenir amer de la radiation du Gabon de l’ITIE en 2013, sur fond de retards et de manquements administratifs.

À l’époque, plusieurs faiblesses avaient été relevées :

-le non-respect des délais de publication des rapports ;

-l’inexhaustivité des données communiquées;

-la tenue irrégulière des réunions du conseil d’administration ;

-la faible implication de la société civile ;

-la mobilisation tardive du budget annuel.

Réintégré en 2021, le Gabon risque aujourd’hui de retomber dans les mêmes travers. Une nouvelle suspension serait un revers diplomatique et économique majeur, entachant la crédibilité du pays auprès de ses partenaires.

Le diagnostic dressé par les parties prenantes de l’ITIE-Gabon met en lumière une série de dysfonctionnements internes :

-faible soutien du ministère de tutelle envers les membres du Conseil d’administration ;

-absence d’inscription des crédits ITIE dans les Programmes Annuels de Performance (PAP) des lois de finances 2022 à 2025 ;

-exécution budgétaire chaotique avec des pertes de crédits non documentées ;

-délivrance tardive des budgets par les services financiers ;

-lourdeurs administratives et rétention des dossiers au niveau de la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor ;

-absence de moyens logistiques pour les missions de terrain ;

-faibles capacités techniques du Secrétariat permanent, dépourvu d’experts locaux qualifiés.

Face à cette situation, le collège de la société civile au sein du Groupe multipartite de l’ITIE-Gabon appelle à un sursaut collectif.

Il exhorte le gouvernement à préserver et sécuriser la poursuite du processus ITIE, instrument essentiel à la transparence et à la bonne gouvernance dans le secteur extractif.

Les acteurs de la société civile réaffirment par ailleurs leur soutien au leadership du président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, dont la vision de gouvernance prône l’intégrité et la redevabilité publique.

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