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Vie chère au Gabon : la CEAG au cœur des interrogations de SOS Consommateurs

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Par HBM

Présentée à ses débuts comme un levier majeur dans la lutte contre la vie chère, la Centrale d’Achats du Gabon (CEAG) fait aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations. Dans un communiqué publié le 7 août, SOS Consommateurs, par la voix de son président Christian Richard Abiaghe Ngomo, estime que les résultats observés sur le terrain sont loin de répondre pleinement aux attentes suscitées par la création de cet outil public.

Pour les organisations de défense des consommateurs, la création de la CEAG avait nourri un véritable espoir. Sa vocation initiale devait notamment permettre de mieux structurer les importations, de centraliser les commandes de produits de première nécessité, de sécuriser l’approvisionnement du marché national et, surtout, de contribuer à la maîtrise des prix.

Mais plusieurs mois après le lancement de ses activités, SOS Consommateurs estime qu’un bilan s’impose.

Si les opérations commerciales organisées dans plusieurs communes du Grand Libreville ont permis à certains ménages d’acheter ponctuellement des produits à des tarifs avantageux, l’organisation considère que leur caractère occasionnel limite fortement leur impact sur le quotidien des familles.

Le principal point de préoccupation soulevé concerne la régularité de l’accès aux produits.

Dans un contexte où une grande partie des ménages gabonais effectue des achats au jour le jour, en fonction des revenus disponibles, des opérations commerciales organisées seulement à certaines périodes ne sauraient, selon SOS Consommateurs, constituer à elles seules une réponse durable à la vie chère.

À cette difficulté s’ajoute la question du stockage. Les perturbations persistantes dans l’approvisionnement en électricité compliquent la conservation de certaines denrées et rendent difficile, pour de nombreux ménages, la constitution de stocks importants.

SOS Consommateurs s’interroge également sur l’évolution du positionnement de la CEAG.

L’organisation estime que les orientations actuellement observées semblent progressivement rapprocher la centrale d’une activité de distribution commerciale directe, alors que sa vocation initiale était davantage centrée sur l’achat, l’approvisionnement et la régulation.

Cette évolution soulève plusieurs questions : quels sont aujourd’hui les objectifs prioritaires de la CEAG ? Quels sont les critères de sélection de ses partenaires ? Comment sont organisés les approvisionnements ? Et surtout, quels mécanismes permettent de garantir des prix réellement inférieurs à ceux pratiqués sur le marché ?

Autant de questions auxquelles SOS Consommateurs souhaite davantage de transparence.

Autre sujet de préoccupation : les conditions de concurrence.

La participation de certains opérateurs économiques aux opérations commerciales de la CEAG pourrait, selon SOS Consommateurs, créer un déséquilibre avec les petits commerçants qui ne bénéficieraient pas des mêmes conditions ou facilités.

L’organisation appelle donc à une vigilance particulière afin que la lutte contre la vie chère ne se traduise pas, indirectement, par une fragilisation du commerce de proximité.

Pour SOS Consommateurs, les règles doivent être claires et identiques pour l’ensemble des acteurs économiques.

L’organisation plaide également pour une meilleure articulation entre les différents mécanismes publics mis en place pour lutter contre la vie chère.

Pour les consommateurs, il est essentiel de comprendre clairement le rôle de chaque dispositif, ses objectifs, ses moyens et sa complémentarité avec les autres politiques publiques.

Une meilleure coordination permettrait, selon SOS Consommateurs, d’éviter les chevauchements et de rendre l’action publique plus lisible et surtout plus efficace.

Face à ces interrogations, l’organisation de défense des consommateurs demande une évaluation indépendante, transparente et objective de la CEAG.

Cette évaluation devrait notamment permettre de mesurer :

• l’impact réel de la CEAG sur les prix ;

• les conditions d’approvisionnement et de sélection des fournisseurs ;

• les éventuels avantages accordés aux opérateurs partenaires ;

• l’impact du dispositif sur la concurrence et les petits commerçants ;

• la qualité, la conformité et la traçabilité des produits ;

• la cohérence de la CEAG avec la politique nationale de lutte contre la vie chère.

Pour améliorer l’efficacité du dispositif, SOS Consommateurs recommande notamment :

• un audit indépendant de la CEAG ;

• un recentrage de la centrale sur ses missions initiales ;

• davantage de transparence dans sa gouvernance et ses procédures d’approvisionnement ;

• la garantie d’une concurrence loyale entre les opérateurs ;

• la mise en place de solutions structurelles et durables en faveur du pouvoir d’achat.

À travers cette sortie, SOS Consommateurs remet donc au centre du débat la question de l’efficacité réelle des politiques de lutte contre la vie chère.

Pour l’organisation, les opérations commerciales ponctuelles peuvent apporter un soulagement immédiat à certains ménages, mais elles ne sauraient remplacer des réformes structurelles capables d’agir durablement sur l’approvisionnement, les prix et le pouvoir d’achat.

La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics et de la direction de la CEAG, appelés à apporter davantage de visibilité sur les résultats obtenus, les mécanismes mis en place et les perspectives de cette structure présentée comme un instrument majeur de la lutte contre la vie chère au Gabon.

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