Par Mauricette BADJINA
À Université Omar Bongo, la réflexion académique s’est élevée à un niveau d’exigence remarquable à l’occasion du colloque international interdisciplinaire organisé du 23 au 25 avril 2026, autour du thème : « La refondation de l’État, une nécessité aux variables multiples depuis l’Antiquité ». Accueillie au sein de la bibliothèque centrale de l’institution, cette rencontre scientifique d’envergure s’est également inscrite dans un hommage solennel rendu au regretté Hugues Mouckaga, figure majeure de l’université gabonaise.
Réunissant enseignants-chercheurs, étudiants et experts issus de divers horizons académiques, ce colloque s’est imposé comme un espace de dialogue fécond, dédié à l’exploration des trajectoires historiques, philosophiques, juridiques et politiques de l’État. L’ambition affichée : interroger, dans une perspective diachronique et comparative, les mécanismes de transformation des structures étatiques, de l’Antiquité aux réalités contemporaines, marquées par des mutations profondes et souvent complexes.
Dans son allocution d’ouverture, Éliane Bella Émane, présidente du comité d’organisation, a salué la mobilisation significative de la communauté scientifique, tout en soulignant la double vocation de cette initiative : honorer la mémoire du professeur Mouckaga et offrir un cadre rigoureux de réflexion sur les recompositions de l’État.
Insistant sur l’actualité du thème, elle a rappelé que « la refondation de l’État ne saurait être envisagée sans une relecture critique de ses fondements historiques et de ses réalités contemporaines ». Elle a également mis en exergue la richesse de l’approche interdisciplinaire, perçue comme un levier essentiel pour appréhender la complexité des enjeux institutionnels actuels.
Prenant le relais, Alexis Mengue M’Oye, président du comité scientifique, a apporté une lecture plus analytique des orientations du colloque. Selon lui, la refondation de l’État doit être comprise comme un processus dynamique et continu, façonné par les évolutions sociales, politiques et économiques.
Il a par ailleurs insisté sur la nécessité pour la recherche académique de produire des savoirs opérationnels, capables d’éclairer la décision publique. Une invitation explicite adressée aux chercheurs à inscrire leurs travaux dans une logique d’impact, au service des transformations concrètes des sociétés, notamment africaines.
Au-delà des débats intellectuels, ce colloque a été profondément marqué par une dimension mémorielle. Dédié à la mémoire du professeur Hugues Mouckaga, l’événement a permis de revisiter l’étendue de son héritage académique et humain.

Enseignant engagé, pédagogue reconnu et penseur rigoureux, il a formé plusieurs générations d’étudiants aujourd’hui acteurs clés de la vie publique et privée. Les communications présentées ont mis en lumière la pertinence de ses travaux, notamment dans l’analyse des mutations de l’État, tout en soulignant la portée durable de son influence.
Témoignages, analyses et échanges ont ponctué ces trois journées, traduisant l’empreinte indélébile laissée par cet universitaire d’exception.
À travers cette initiative, l’Université Omar Bongo confirme son positionnement en tant que pôle majeur de production du savoir et de la pensée critique en Afrique centrale. En conjuguant exigence scientifique et devoir de mémoire, elle réaffirme son rôle dans l’accompagnement des réflexions structurantes sur l’avenir des institutions.
Ce colloque s’inscrit ainsi comme un moment de haute intensité intellectuelle, à la croisée de l’hommage et de la prospective, et participe pleinement à la consolidation d’un héritage académique précieux, au service des générations présentes et futures.

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