Par higor BOUSSAMBA
La crise qui secoue actuellement la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) continue d’alimenter les débats au sein de la famille du football national. À la suite de la suspension du processus électoral devant conduire à l’élection d’un nouveau bureau exécutif, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une réforme profonde de la gouvernance fédérale.
Candidat recalé à l’élection de la FEGAFOOT et membre de la Coalition pour le Salut du Football Gabonais, Darneau Essia Ndong a récemment pris la parole pour dénoncer le maintien du bureau exécutif sortant et appeler à la mise en place d’un comité de normalisation.
Selon lui, la fédération traverse aujourd’hui une véritable impasse institutionnelle, dans un contexte marqué par les contestations ayant conduit à la suspension de l’élection prévue à Mouila le 18 avril 2026.
« Nous constatons aujourd’hui une vacance de légitimité à la tête de la FEGAFOOT puisqu’aucune élection n’a abouti », affirme-t-il.
L’acteur sportif estime que le maintien de l’équipe dirigeante actuelle risque d’accentuer les tensions déjà perceptibles autour du football gabonais.
Pour la Coalition pour le Salut du Football Gabonais, la mise en place d’un comité de normalisation constituerait aujourd’hui la solution la plus crédible pour sortir durablement de la crise.
Selon Darneau Essia Ndong, cette démarche permettrait notamment d’apaiser le climat, de réviser les textes contestés, de mettre en place une commission électorale neutre et d’organiser des élections transparentes et acceptées par l’ensemble des acteurs.
Le membre de la coalition rappelle par ailleurs que le Gabon a déjà connu une période de normalisation en 2013, estimant que des mesures exceptionnelles peuvent parfois s’imposer afin de préserver la stabilité du football national.
Malgré les positions déjà exprimées par la FIFA et la CAF, plusieurs préoccupations demeurent, selon lui, autour du futur processus électoral annoncé avant le 31 décembre 2026.
Parmi les points soulevés figurent notamment :
• la composition du corps électoral ;
• les critères définissant les membres « à jour » ;
• les statuts qui seront appliqués ;
• le maintien ou non des textes contestés ;
• ainsi que la désignation de la future commission électorale.
Pour la coalition, ces zones d’ombre pourraient provoquer de nouvelles tensions si elles ne sont pas clarifiées en amont.
Au cours de son intervention, Darneau Essia Ndong a également interpellé la FIFA, la CAF ainsi que les autorités gabonaises.
Il appelle les instances internationales à faire preuve de neutralité et regrette que les candidats recalés n’aient pas été entendus par la délégation FIFA-CAF lors de son passage au Gabon.
Selon lui, une sortie de crise durable ne peut être envisagée sans consultation de l’ensemble des parties concernées.
Tout en rejetant toute logique de confrontation entre l’État gabonais et les instances internationales du football, il estime néanmoins que les réalités institutionnelles et les aspirations des peuples africains doivent être prises en compte dans la gestion des crises sportives.
La Coalition pour le Salut du Football Gabonais affirme par ailleurs soutenir les efforts engagés par le ministère de la Jeunesse et des Sports en faveur de l’assainissement de l’écosystème sportif national.
Pour Darneau Essia Ndong, l’enjeu dépasse désormais les intérêts individuels et concerne avant tout « la crédibilité, la transparence et l’avenir du football gabonais ».
Jusqu’à présent, ni la FEGAFOOT, ni la FIFA, ni la CAF n’ont officiellement réagi à ces nouvelles déclarations de la coalition.

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