Par HBM
Et si le problème du football gabonais n’était finalement pas de savoir qui doit diriger la Fégafoot, mais plutôt de déterminer quel modèle de gouvernance le Gabon veut pour son football ?
C’est toute la question soulevée par Darneau Essia Ndong, candidat déclaré à la présidence de la Fédération gabonaise de football en avril 2026. Face à la perspective d’une nouvelle élection, annoncée au plus tard en décembre 2026, l’ancien candidat refuse de voir dans le prochain scrutin une solution miracle à une crise qu’il juge avant tout institutionnelle, juridique et structurelle.
Son message tient en une formule : « Une élection de plus ou de trop ! »
Pour lui, le football gabonais n’a pas besoin d’un énième rendez-vous électoral. Il a besoin d’une refondation profonde de sa gouvernance.
« Élection ? Pourquoi faire ? »
La question est volontairement provocatrice. Elle traduit pourtant le fond de la position de Darneau Essia Ndong.
Le candidat rappelle que la Fégafoot a déjà connu plusieurs échéances électorales, notamment en 2014, 2018 et 2022. Mais, à ses yeux, ces scrutins n’ont pas permis de résoudre durablement les difficultés qui minent la gouvernance du football national.
« Pour quels résultats ? », interroge-t-il.
Dès lors, organiser une nouvelle élection sans s’attaquer aux causes profondes de la crise reviendrait, selon lui, à reconduire les mêmes mécanismes en espérant cette fois obtenir un résultat différent.
« Le problème n’est plus simplement de savoir qui sera élu. Le problème est de savoir quel football nous voulons construire et quelle Fédération nous voulons laisser aux générations futures. »
Une position qui déplace volontairement le débat : de la conquête du fauteuil présidentiel vers la reconstruction de l’institution.
Pour Darneau Essia Ndong, les événements ayant entouré le processus électoral d’avril 2026 auraient surtout révélé les fragilités d’un système arrivé à bout de souffle.
« Vous avez vu ce qui a failli se passer en avril 2026. Cela nous a confirmé ce que beaucoup savaient déjà. »
Il dénonce un fonctionnement dans lequel les intérêts particuliers auraient progressivement pris le pas sur l’intérêt général.
Le candidat évoque même un « jeu devenu presque sectaire et irrationnel », estimant que certains acteurs auraient été prêts à aller très loin pour défendre leurs intérêts individuels.
Une situation qu’il juge dangereuse pour l’avenir du football national.
« Le football ne peut pas devenir le territoire réservé de quelques intérêts. Le football gabonais appartient d’abord au peuple gabonais. »
Pour lui, la crise dépasse donc les personnes. Elle pose la question de la légitimité, de la crédibilité et de l’autorité de la Fédération.
C’est l’un des points centraux de son argumentaire.
Darneau Essia Ndong estime qu’il serait illusoire de relancer une bataille électorale sans avoir préalablement clarifié les règles du jeu.
Quels statuts ? Quel collège électoral ? Quelle commission électorale ? Quel congrès ? Quelle base juridique ? Quels textes applicables ?
Autant de questions auxquelles il réclame des réponses avant toute nouvelle convocation des électeurs.
« On ne peut pas suspendre un processus électoral et faire ensuite comme si cette suspension n’avait produit aucune conséquence juridique ou statutaire. »
Pour le candidat, la priorité est donc de restaurer un cadre institutionnel clair avant de désigner de nouveaux dirigeants.
Car derrière la prochaine échéance électorale se pose, selon lui, une question beaucoup plus fondamentale : le Gabon veut-il simplement organiser une nouvelle élection ou profiter de la crise actuelle pour reconstruire durablement son système footballistique ?
Pour sortir de cette impasse, Darneau Essia Ndong propose de sortir temporairement de la logique électorale.
Sa solution : les Assises du football gabonais.
L’idée est de réunir autour d’une même table l’ensemble de la famille du football : clubs, ligues, associations, joueurs, entraîneurs, arbitres, dirigeants, anciens acteurs et autres parties prenantes.
Objectif : poser un diagnostic partagé, identifier les blocages et définir les bases d’une nouvelle gouvernance.
Mais ces Assises ne seraient pas, selon lui, une simple rencontre de plus.
Elles devraient déboucher sur une véritable restructuration de la Fédération.
« Les aspirations des acteurs du football gabonais conduiront nécessairement à la mise en place d’un Comité de Normalisation. »
Pour le candidat, ce Comité constituerait le mécanisme permettant de remettre l’institution sur les rails, de restaurer sa crédibilité et de préparer les conditions d’un nouveau départ.
Derrière la bataille institutionnelle, Darneau Essia Ndong perçoit désormais un enjeu historique.
« Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous décidons de sauver et de restaurer notre football, soit nous continuons dans les mêmes pratiques et nous exposons notre football à une crise encore plus profonde. »
Le candidat prend d’ailleurs soin de détacher sa démarche de toute ambition strictement personnelle.
« Ma position n’est pas celle d’un candidat. Ma position est celle d’un Gabonais : il faut sauver notre football. »
Une manière de présenter son combat non comme une nouvelle candidature à la tête de la Fégafoot, mais comme une bataille pour la survie et la crédibilité de l’institution.
Darneau Essia Ndong appelle enfin les acteurs du football gabonais à rester mobilisés.
« Il ne faut rien lâcher. »
Puis vient une formule plus lourde de sens :
« Surtout, surtout et surtout : attention au calme avant la tempête. »
Un avertissement qui vise directement ceux qui seraient tentés de croire qu’une simple convocation électorale suffirait à refermer la crise.
Pour Darneau Essia Ndong, le choix est désormais posé sans détour : continuer dans le même système ou profiter de la crise pour en bâtir un nouveau.
Et sa conclusion résume toute sa démarche :
« Nous ne devons pas organiser une élection pour sauver un système. Nous devons refonder le système pour sauver le football gabonais. »
Une question dépasse désormais la prochaine élection : le football gabonais veut-il simplement changer de dirigeants ou changer de modèle ?
Le débat est lancé.

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