Par Mauricette BADJINA
La capitale gabonaise a accueilli, lundi, une rencontre de haut niveau marquée par la signature d’une convention de coopération entre la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA) et l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (AMF-UMOA). Cet accord ambitionne de renforcer la coopération entre les régulateurs financiers africains afin de favoriser la mobilisation de l’épargne au profit du développement économique.
La cérémonie, organisée au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie à Libreville, s’est déroulée sous le haut parrainage du ministre gabonais de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie chère. Elle a été présidée par la présidente de la COSUMAF, Jacqueline Adiaba Nkembe, en présence de responsables gouvernementaux, de régulateurs des marchés financiers et des assurances, de gouverneurs, de dirigeants d’entreprises, d’universitaires ainsi que d’experts venus de plusieurs pays du continent.

Cette convention tripartite constitue une avancée majeure dans le processus d’intégration des systèmes de régulation financière en Afrique. Elle prévoit notamment le renforcement des échanges d’informations, l’assistance technique entre les institutions signataires, l’harmonisation progressive des cadres réglementaires et une meilleure coordination des actions de supervision des marchés financiers et du secteur des assurances.
En marge de cette signature, les participants ont pris part à un atelier régional de haut niveau consacré au thème : « Mobiliser l’épargne au service de l’économie réelle ». Les travaux ont permis d’examiner les mécanismes susceptibles d’orienter davantage l’épargne des ménages, des entreprises et des diasporas africaines vers le financement des infrastructures, des petites et moyennes entreprises ainsi que des projets structurants dans les espaces CEMAC et UEMOA.
Les échanges ont mis en évidence plusieurs défis persistants, parmi lesquels la faible bancarisation, l’importance du secteur informel, l’insuffisance de produits financiers adaptés aux besoins des populations, le déficit de culture financière et la participation encore limitée des investisseurs institutionnels au financement de l’économie.

Les experts ont également insisté sur le rôle stratégique que peut jouer le secteur des assurances dans la constitution d’une épargne de long terme. Selon eux, un renforcement des synergies entre les compagnies d’assurance et les marchés financiers permettrait d’accroître les capacités de financement des infrastructures, de soutenir l’innovation, d’accompagner le développement des entreprises et de favoriser la création d’emplois dans la sous-région.
À travers cette initiative, la COSUMAF entend consolider la place de Libreville comme un pôle de référence en matière de gouvernance et de régulation financière sur le continent, tout en renforçant l’attractivité du marché financier régional et la souveraineté réglementaire des États membres.
Les organisateurs ont annoncé plusieurs livrables à l’issue de cette rencontre, notamment la publication d’un communiqué conjoint, la diffusion d’un rapport de recommandations, la mise à disposition de la convention signée ainsi que l’institution d’une conférence annuelle dédiée au financement de l’économie réelle, dont la prochaine édition est prévue en 2027.

Clôturant les travaux, la présidente de la COSUMAF, Jacqueline Adiaba Nkembe, a réaffirmé la détermination de son institution à porter les recommandations issues de cette conférence devant les instances de la CEMAC et à poursuivre, avec ses partenaires, la mise en œuvre d’une coopération renforcée au service de la transformation économique du continent.
Par cette convention, la COSUMAF, la CIMA et l’AMF-UMOA ouvrent une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération financière interafricaine, avec pour ambition de faire de l’épargne un levier stratégique du financement durable du développement en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.

Laissez un commentaire