Par Mauricette BADJINA
La projection du long métrage gabonais « De l’Ambition au péché » a attiré une foule nombreuse au Centre culturel français de Libreville, témoignant de l’intérêt grandissant du public pour les productions cinématographiques nationales.
Écrite, scénarisée, produite, puis réalisée par Vincent Mbindzou , l’œuvre aborde les dérives de l’ambition et leurs conséquences sur la sphère familiale.
Bien avant le début de la séance, la salle affichait complet. Le film raconte l’histoire d’un cadre supérieur animé par le désir de devenir directeur général. Freiné dans son ascension professionnelle par sa hiérarchie, il décide de rejoindre une obédience qu’il considère comme un moyen d’accéder au pouvoir. Cette décision déclenche une succession de drames qui affectent profondément son entourage, notamment sa fille, emportée dans une spirale destructrice.

Inspiré d’une histoire réelle, le scénario propose une réflexion sur les choix individuels, les sacrifices consentis au nom de la réussite et les conséquences d’une ambition poussée à l’extrême.
Pour porter cette histoire à l’écran, l’équipe de production a fait le choix d’associer des acteurs expérimentés à de jeunes talents du cinéma gabonais. Une démarche que le réalisateur assume pleinement.
« Nous avons voulu créer un mélange entre les anciens et les nouveaux acteurs afin de permettre aux jeunes de progresser et de gagner en expérience », a expliqué Vincent Mbindzou.

Le réalisateur est également revenu sur la genèse du projet. Selon lui, leur collaboration a débuté en 2025 lorsque Sylvain Engoang lui a soumis le scénario. Le tournage, lancé en 2026, s’est étalé sur près d’un mois et demi avant une phase de post-production achevée en avril. Au total, environ trois mois de travail ont été nécessaires pour finaliser le film.
La projection s’est déroulée dans une ambiance conviviale, ponctuée d’applaudissements nourris. De nombreux spectateurs ont choisi de prolonger l’expérience en échangeant avec les acteurs et les membres de l’équipe technique après la séance.
Pour Vincent Mbindzou, cette mobilisation traduit l’évolution des attentes du public gabonais.

« Le public devient de plus en plus exigeant. À nous de proposer des œuvres de qualité », a-t-il déclaré.
Parmi les interprètes du film, incarne Prisca Obiang, une jeune étudiante victime d’abus paternels. L’actrice, présente dans le paysage cinématographique depuis 2012, considère ce rôle comme l’un des plus exigeants de sa carrière.
« Ce personnage est profondément marqué. Il fallait transmettre sa douleur et ses blessures avec justesse. Ce fut un véritable défi artistique », a-t-elle confié.
Ancien cadre de la Banque centrale et de la Commission bancaire d’Afrique centrale, Sylvain Engoang a choisi de se consacrer au cinéma après sa retraite. Cette production marque sa première expérience en tant que producteur.

« J’ai retrouvé ma passion pour le cinéma. Ce film est ma première production, inspirée d’une histoire vraie que je souhaitais partager », a-t-il expliqué.
Aujourd’hui auteur, scénariste, acteur et producteur, il affirme avoir bénéficié du soutien de plusieurs professionnels du secteur, un accompagnement qui l’encourage à poursuivre cette nouvelle aventure artistique.
« Ce film n’est pas une fin en soi. C’est le début d’une longue histoire », a-t-il conclu.
Avec « De l’Ambition au péché », le cinéma gabonais confirme son dynamisme et son ambition de renforcer durablement sa place dans le paysage culturel national.

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