Par Mauricette BADJINA
Invité à s’exprimer le vendredi 19 juin 2026 à l’hôtel Radisson Blu de Libreville, Benjamin Evita Omar, vice-président de la Chambre de commerce de Guinée équatoriale chargé de la coopération internationale, de la mobilisation des ressources et des relations gouvernementales, a dressé un constat préoccupant sur les difficultés qui freinent l’intégration économique en Afrique centrale.
Également ambassadeur et promoteur d’affaires pour les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), il a dénoncé les obstacles persistants qui limitent les échanges commerciaux au sein de la sous-région, malgré les engagements pris par les États membres.
Au cœur de son intervention, la question de la libre circulation des biens dans l’espace CEMAC. Selon Benjamin Evita Omar, les dispositions communautaires peinent à se traduire concrètement sur le terrain.
« La libre circulation des biens dont on parle dans la CEMAC n’existe pas. Dans la pratique, tout est bloqué », a-t-il affirmé.
L’homme d’affaires pointe notamment la multiplication des postes de contrôle, les lourdeurs administratives aux frontières, les prélèvements informels imposés aux transporteurs ainsi que le manque de coordination entre les différentes administrations nationales. Des contraintes qui, selon lui, ralentissent les échanges, augmentent les coûts logistiques et découragent les investisseurs.
Pour Benjamin Evita Omar, les difficultés se concentrent essentiellement au niveau des frontières terrestres, où les opérateurs économiques continuent de faire face à de nombreuses tracasseries.
« Le problème se pose surtout au niveau des frontières terrestres, où il y a encore trop de barrières », a-t-il souligné.
Une situation qu’il juge paradoxale au regard des ambitions affichées par les organisations régionales en matière d’intégration économique et de libre circulation.
Face aux lenteurs observées dans la mise en œuvre des réformes, le vice-président de la Chambre de commerce de Guinée équatoriale estime que les acteurs économiques doivent désormais jouer un rôle plus actif.
« Nous, acteurs économiques, avons décidé de mettre en place des actions concrètes », a-t-il déclaré.
Cette approche vise à favoriser une intégration économique portée directement par les opérateurs privés à travers des initiatives communes susceptibles de créer davantage de synergies entre les pays de la sous-région.
Parmi les projets annoncés figure une initiative agricole axée sur deux cultures stratégiques : le manioc et le riz, deux produits essentiels pour la sécurité alimentaire en Afrique centrale.
Le projet prévoit notamment l’attribution de dix hectares de terres dans chacun des pays participants, un financement mutualisé entre opérateurs économiques ainsi qu’une phase pilote destinée à évaluer la rentabilité et la viabilité du programme avant son éventuelle extension à d’autres États africains.
« Nous allons commencer entre nous, investir ensemble et développer ce projet. Ensuite, nous inviterons d’autres pays à nous rejoindre », a expliqué Benjamin Evita Omar.
Malgré cet optimisme, le promoteur d’affaires estime que le succès de telles initiatives dépendra fortement de la capacité des États à supprimer les entraves qui persistent aux frontières.
« Tant que les problèmes aux frontières ne sont pas réglés, nos projets auront du mal à se développer pleinement », a-t-il averti.
À travers son intervention, Benjamin Evita Omar appelle ainsi à une mobilisation conjointe des pouvoirs publics et du secteur privé afin de transformer les ambitions d’intégration régionale en résultats concrets. Pour lui, seule une volonté politique forte accompagnée de réformes effectives permettra de faire de l’Afrique centrale un véritable espace économique intégré et compétitif.

Laissez un commentaire