Par Mauricette BADJINA
La capitale gabonaise s’est affirmée, le temps d’un week-end, comme un carrefour scientifique régional majeur à l’occasion de la clôture du 4e Salon dentaire d’Afrique centrale et des premières Journées internationales d’odontologie. Deux rendez-vous d’envergure, portés respectivement par l’Association dentaire d’Afrique centrale (ADAC) et l’Association dentaire gabonaise (ADG), qui consacrent la montée en puissance du secteur bucco-dentaire dans la sous-région.
Placée sous le thème « L’innovation au service du sourire », cette édition a rassemblé, les 17 et 18 avril à l’Hôtel de Ville de Libreville, un écosystème élargi d’acteurs : praticiens, universitaires, chercheurs, étudiants et partenaires techniques. En parallèle, les premières Journées internationales d’odontologie ont braqué les projecteurs sur un enjeu structurant mais encore sous-investi : l’odontologie pédiatrique.
Durant deux jours, conférences spécialisées, panels d’experts et sessions d’échanges ont permis de dresser un état des lieux des avancées du secteur. Au cœur des discussions : l’intégration des innovations technologiques, la modernisation des équipements et la promotion d’une approche préventive, notamment dès le plus jeune âge.
La qualité des interventions a été saluée lors de la cérémonie de clôture, ponctuée par la remise de distinctions aux conférenciers les plus remarqués, illustrant l’exigence scientifique désormais associée à ce rendez-vous régional.
Dans une intervention à forte portée prospective, le président de l’ADAC, Dr Fabrice Dassie, a insisté sur le rôle central de l’innovation dans l’évolution des pratiques :
« L’innovation n’est plus une option, mais une exigence pour garantir des soins adaptés aux réalités africaines. »

Un message qui traduit une mutation progressive du secteur, appelé à concilier excellence médicale et contraintes locales, notamment en matière d’accessibilité et de formation.
Prenant la parole, le président de l’ADG, Dr Ogoula Romain Rolland, a positionné ces premières Journées internationales comme un jalon structurant pour la profession au Gabon :
« Ces journées marquent un tournant pour l’odontologie gabonaise, en offrant une plateforme de mise à niveau scientifique et d’échanges internationaux. »
L’accent a été particulièrement mis sur l’odontologie pédiatrique, identifiée comme un levier clé de prévention. Une approche qui s’inscrit dans une logique de santé publique à long terme :
« La majorité des pathologies observées à l’âge adulte trouvent leur origine dans l’enfance. La prévention doit donc être précoce et structurée. »
Au-delà des avancées, le constat reste lucide : inégalités d’accès aux soins, déficit de structures spécialisées et nécessité d’un appui institutionnel renforcé demeurent des défis majeurs. D’où un appel explicite à une implication accrue des pouvoirs publics.
Dans une perspective résolument tournée vers l’avenir, les acteurs du secteur plaident pour une intensification des coopérations régionales et internationales, condition essentielle au transfert de compétences et à l’appropriation des technologies de pointe.
« Notre ambition est de faire du Gabon un pôle de référence en santé bucco-dentaire en Afrique centrale », a affirmé le Dr Ogoula.
La prochaine édition, prévue au Cameroun, confirme la vocation itinérante de ce double événement, pensé comme un outil d’intégration scientifique régionale.
En s’imposant comme une plateforme d’échanges et d’innovation, le Salon dentaire d’Afrique centrale et les Journées internationales d’odontologie traduisent une dynamique nouvelle : celle d’un secteur en pleine professionnalisation, conscient de ses enjeux et résolument engagé dans une trajectoire de transformation.

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