À quelques semaines du congrès électif prévu le 18 avril, la tension monte autour de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot). Une coalition de candidats et d’acteurs majeurs du football national appelle à une normalisation du processus électoral, dénonçant de graves irrégularités.
Réunis le mercredi 18 mars à l’Hôtel Impérial de Komo, les membres de cette coalition, par la voix de leur porte-parole Sylvestre Obiang Engouang, ont dressé un réquisitoire sévère contre la gestion actuelle de l’instance dirigeante du football gabonais.
Au cœur des critiques : une remise en cause jugée « grave » de la souveraineté du Congrès. Selon le collectif, ce principe fondamental aurait été dévoyé pour justifier la mise en place d’une commission électorale entachée d’irrégularités. « La souveraineté du Congrès ne saurait s’exercer en dehors du strict respect des textes », a martelé M. Obiang Engouang, évoquant une violation manifeste des statuts.

La composition même de cette commission électorale est également contestée. La coalition estime qu’elle ne respecte ni les dispositions des textes de 2013 ni celles de 2025, ce qui fragilise, selon elle, la crédibilité de l’ensemble du processus électoral. « Une commission illégalement constituée ne peut produire que des décisions illégitimes », a averti le porte-parole, pointant le risque de contentieux à la fois sur les plans national et international.
En ligne de mire : la transparence et la légitimité du scrutin à venir. Pour les contestataires, le maintien du dispositif actuel exposerait la Fégafoot à d’éventuelles sanctions, notamment de la part des instances internationales du football.
Face à cette situation, la coalition formule des exigences claires : dissolution immédiate de la commission électorale actuelle, respect strict des prérogatives du bureau sortant, et surtout mise en place d’un comité de normalisation. Une structure qui serait placée sous la supervision conjointe des autorités nationales et internationales afin de garantir un processus conforme aux standards en vigueur.

Pour étayer sa position, le collectif invoque un principe fondamental du droit, tiré de l’article 1134 du Code civil de 1804, selon lequel les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Une référence juridique qui souligne, selon ses membres, l’impératif de respecter les règles établies.
Se posant en défenseur de l’éthique et de la bonne gouvernance, la coalition appelle à une réaction rapide des différentes parties prenantes. Objectif affiché : restaurer la confiance des clubs, joueurs, arbitres et supporters, et garantir à terme des élections crédibles.
Dans un climat de défiance croissante, cette sortie médiatique pourrait bien marquer un tournant dans la course à la présidence de la Fégafoot.
Par ismaël YATOUMBA

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