La contestation des enseignants gabonais franchit un nouveau cap. Réunis ce samedi sur l’esplanade du terrain de basket d’Awendjé, les syndicats SOS Éducation et SENA ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la grève, dénonçant ce qu’ils qualifient d’« effets d’annonce sans actes concrets ». Entamé il y a plusieurs semaines, le mouvement gagne en intensité et en radicalité.
Au cœur du mouvement, les enseignants exigent :
•La régularisation intégrale des situations administratives en suspens depuis plusieurs années ;
•une audience directe avec le président de la République, afin de lui soumettre leur cahier de charges ;
•un changement d’interlocuteurs, les syndicats refusant désormais tout dialogue avec la ministre de l’Éducation nationale et le vice-président du gouvernement, et réclamant des médiateurs neutres.

Prenant la parole au nom des grévistes du lycée Léon Mba, le porte-parole Antoine Obame Nguema a été sans équivoque :
« La grève se poursuit tant que les enseignants n’auront pas obtenu satisfaction »,
une décision, précise-t-il, adoptée à l’unanimité.
Selon lui, la crise actuelle découle d’un problème ancien, longtemps ignoré par les autorités. Malgré les pressions et intimidations évoquées par les syndicats, le mot d’ordre reste inchangé : « tout ou rien ».
Les avancées issues de la commission interministérielle mise en place par le gouvernement sont jugées largement insuffisantes. En conséquence, les enseignants rejettent toute idée de reprise des cours tant que leurs revendications ne seront pas concrètement prises en compte.
La mobilisation a été renforcée par la présence de Simon Ndong Edzo, figure syndicale reconnue, venu apporter son soutien aux grévistes. Il a appelé à un durcissement du mouvement et a confirmé qu’aucune reprise des cours n’est prévue ce lundi 19 janvier 2026, en l’absence d’une réponse favorable du gouvernement.
Par Mauricette BADJINA

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