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Ordre des médecins du Gabon : après 100 jours, le nouveau bureau engage la refondation et la modernisation

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Par Mauricette BADJINA

Installé le 8 juin 2026, le nouveau bureau du Conseil national de l’Ordre des médecins du Gabon (CNOM-Gabon) a présenté, samedi 26 septembre à Libreville, le bilan de ses 100 premiers jours. Réorganisation institutionnelle, audit, régularisation des médecins, réforme comptable, délégations provinciales et digitalisation : l’équipe dirigée par Dr Maël Ndao Eteno veut poser les bases d’un nouvel Ordre.

Cent jours après son installation, le nouveau bureau du Conseil national de l’Ordre des médecins du Gabon entend déjà imprimer sa marque. Réunis en assemblée générale extraordinaire à l’immeuble Arambo, à Libreville, les médecins ont été invités à prendre connaissance des premières actions engagées par la nouvelle équipe, mais aussi à se prononcer sur plusieurs projets de réforme.

Au cœur de cette rencontre : le bilan des 100 premiers jours, la présentation du nouveau site internet de l’Ordre, la création de commissions et l’adoption de plusieurs résolutions destinées à renforcer le fonctionnement de l’institution.

Dans son discours d’ouverture, le président du CNOM-Gabon, Dr Maël Ndao Eteno, a placé cette nouvelle mandature sous le signe de la responsabilité et de la redevabilité.

« Cette Assemblée générale n’est pas une tribune. Elle n’est le procès de personne. Elle ne revient sur aucune période pour la juger. Elle est un compte rendu », a-t-il déclaré.

Le président de l’Ordre a expliqué que son équipe avait trouvé « une institution avec une histoire, ses acquis et ses fragilités ». Trois exigences ont, selon lui, guidé les premières semaines de travail : la continuité du service, la traçabilité et la collégialité, ainsi que la redevabilité.

Pour le nouveau bureau, les ressources de l’Ordre, issues notamment des cotisations des médecins, doivent faire l’objet d’une gestion transparente et d’un suivi rigoureux.

Médecin neurologue de formation, Maël Ndao Eteno résume la ligne directrice de son équipe en trois verbes : « Refonder, protéger et moderniser. »

La refondation doit notamment passer par la mise en conformité de l’institution avec les textes régissant l’exercice de la médecine au Gabon, mais aussi par la régularisation de la situation des médecins inscrits au tableau de l’Ordre.

La proximité avec les médecins exerçant à l’intérieur du pays constitue également l’un des axes de la nouvelle gouvernance.

Présentant le bilan des activités, le secrétaire général du CNOM-Gabon, Dr Mavoungou Aubin Serge, a indiqué que des délégués provinciaux avaient été nommés et installés.

« Les délégations provinciales ont essentiellement une mission de proximité. Il s’agit de concilier les missions du Conseil à Libreville avec nos médecins qui sont à l’intérieur », a-t-il expliqué.

Selon le bureau, huit provinces disposent désormais de délégations actives. Ces structures doivent servir de relais entre le Conseil national et les médecins de l’intérieur du pays, mais également contribuer à une meilleure cartographie de la population médicale et à la remontée des informations vers Libreville.

Autre chantier présenté lors de l’assemblée générale : l’audit de l’institution.

Réalisé sur la période du 1er janvier 2022 au 7 juin 2026, avec une période certifiable couvrant les exercices 2022 à 2025, cet audit avait pour objectif d’établir une situation de référence documentée.

« Ce n’est pas une mise en cause, ni un instrument de contentieux, mais c’est simplement pour que tout le monde soit au courant », a précisé le secrétaire général.

Les travaux ont notamment fait ressortir des besoins en matière de formalisation des procédures, de traçabilité financière, de conformité fiscale et sociale, de gestion des ressources humaines et de conservation des pièces administratives.

Le secrétaire général a également évoqué un passif fiscal et social cumulé évalué à 44,851 millions de FCFA sur une période de quinze ans. Il a toutefois précisé que les constats de l’audit ne pouvaient être réduits à une question de gestion des fonds, évoquant notamment l’absence d’un cadre comptable suffisamment formalisé.

Le nouveau bureau indique avoir engagé des démarches auprès de la Direction générale des impôts, de la CNSS et de la CNAMGS. Un numéro d’identification fiscale aurait notamment été obtenu auprès de la DGI, tandis que les démarches auprès des organismes sociaux se poursuivent.

La question des cotisations figure également parmi les principaux enjeux de la nouvelle mandature.

Selon les chiffres présentés lors de l’assemblée, 16,7 % des médecins étaient à jour de leurs cotisations à la fin de 2025. Ce taux serait ensuite passé à environ 24 %, notamment à la faveur du moratoire instauré par l’Ordre.

Plutôt que de privilégier immédiatement la sanction, le nouveau bureau dit vouloir miser sur l’accompagnement et la responsabilisation individuelle.

« L’objectif était de permettre la régulation des situations ordinales plutôt que d’engager des mesures lourdes. Il s’agissait spécifiquement d’un accompagnement individuel plutôt que de la sanction », a expliqué Dr Mavoungou Aubin Serge.

Pour le président du CNOM-Gabon, la régularisation des médecins constitue également une condition nécessaire au bon fonctionnement de l’institution.

Le nouveau bureau a par ailleurs présenté son manuel institutionnel de procédures, destiné à encadrer le fonctionnement interne du Conseil national.

Le document définit les attributions des différents organes et précise les procédures relatives à la gouvernance, à la discipline, à l’exercice professionnel, au tableau de l’Ordre, aux élections et au contrôle interne.

Il comprend également différents formulaires et registres destinés à améliorer la traçabilité des actes posés par l’institution.

L’objectif affiché est de permettre une continuité administrative au-delà de l’actuel bureau, avec une révision périodique du manuel et sa mise à jour en fonction de l’évolution des textes législatifs et réglementaires.

La réforme engagée touche également à la gestion comptable.

Le CNOM-Gabon affirme avoir adopté un cadre de comptabilité inspiré du référentiel public, mais adapté aux spécificités de l’institution. Le dispositif repose notamment sur une séparation des fonctions entre les personnes chargées d’engager, d’exécuter et de contrôler les opérations financières.

« Tout ceci garantit une transparence, la régularité et la sincérité de la gestion des fonds des médecins », a soutenu le secrétaire général.

Le nouveau système prévoit notamment la formalisation des bons de commande, des ordonnances de paiement, des bordereaux de transmission et des pièces justificatives.

Autre temps fort de l’assemblée générale : le lancement du nouveau site internet du CNOM-Gabon.

Pour Maël Ndao Eteno, la transformation numérique n’est plus une option.

« Aujourd’hui, la digitalisation est une obligation. Le monde évolue, il faut qu’on s’y adapte et les médecins ne doivent pas rester en marge », a-t-il déclaré.

Le nouveau site doit permettre aux médecins d’accéder à plusieurs services de l’Ordre à distance et contribuer progressivement à la dématérialisation des procédures.

À terme, cette évolution doit notamment faciliter les démarches des médecins exerçant dans les différentes provinces et limiter les déplacements vers le siège de l’Ordre à Libreville.

Les échanges ont également débouché sur l’adoption de plusieurs résolutions.

La première porte sur la création de quatre commissions permanentes, ainsi que sur la prise d’acte de l’obligation de constituer une Chambre disciplinaire nationale conformément aux dispositions du Code de la santé. Elle a recueilli 63 voix sur 65, soit 96,9 % des suffrages exprimés.

La deuxième concerne la création de trois commissions ad hoc, chacune devant disposer d’un mandat précis, d’un livrable et d’une échéance. Ces commissions seront dissoutes de plein droit après remise de leurs travaux. La résolution a obtenu 62 voix sur 65, soit 95,4 %.

La troisième porte sur la commission chargée de la rédaction et de la mise en conformité des projets de textes de loi de l’Ordre. Celle-ci devra reprendre les trois projets existants et présenter une version coordonnée avant le 31 mars 2027. La résolution a recueilli 46 voix sur 67, soit 68,7 %.

Au terme de cette assemblée générale extraordinaire, le nouveau bureau entend inscrire sa mandature dans une dynamique de transformation progressive du Conseil national de l’Ordre des médecins.

Pour Maël Ndao Eteno, les 100 premiers jours ne constituent qu’une étape.

« Nous ne sommes pas venus refermer une page. Nous sommes venus en ouvrir une, en sachant ce qui était écrit sur la précédente », a-t-il déclaré.

Réorganisation administrative, régularisation des médecins, renforcement des délégations provinciales, réforme de la gestion financière et digitalisation : autant de chantiers que le nouveau bureau entend poursuivre pour renforcer le fonctionnement de l’institution et rapprocher l’Ordre de ses membres.

« Un Ordre n’est pas un bureau, c’est un corps. Il ne vit que parce que ses membres donnent de leur présence, expriment leurs exigences et parfois leurs contradictions », a conclu le président du CNOM-Gabon.

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