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Le Gabon se caractérise par une importante disponibilité en ressources hydriques, soutenue par un réseau hydrographique dense et une faible pression démographique. Toutefois, cette abondance naturelle contraste avec les difficultés persistantes d’accès à l’eau potable pour une large partie de la population.
Depuis l’indépendance, la gestion du service public de l’eau repose sur un modèle de monopole confié à la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), complété par des partenariats public-privé. Ce modèle, en l’absence d’une concurrence régulée et d’investissements continus, a montré ses limites, notamment en matière de maintenance et de modernisation des infrastructures.
L’exemple de la commune de Ntoum met en évidence les contradictions du système actuel. Bien qu’elle joue un rôle stratégique dans l’approvisionnement en eau du Grand Libreville, elle reste elle-même exposée à de fréquentes pénuries, révélant un déséquilibre dans la planification territoriale et la gestion des priorités.
Les causes de cette crise sont multifactorielles : vétusté des équipements, insuffisance des investissements, faiblesse institutionnelle dans l’application des politiques publiques, ainsi qu’impacts croissants du changement climatique sur les débits des cours d’eau, notamment la rivière Nzemé.
Face à ces constats, une réforme structurelle du secteur apparaît indispensable. Celle-ci devrait intégrer la diversification des sources d’approvisionnement (forages, traitement des eaux usées), le renouvellement des infrastructures, le renforcement des capacités humaines et l’introduction d’une concurrence régulée.
L’accès à l’eau potable constitue un indicateur clé du développement durable et de la qualité de la gouvernance publique.
Par Christian MAGANGA

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