Par Mauricette BADJINA
À l’occasion de la Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA 2026), la plateforme Challenge Démocratie au Féminin – Femme actrice du changement a organisé, mardi à Libreville, un forum consacré au renforcement du pouvoir économique des femmes. Placée sous le thème « Le pouvoir économique des femmes au cœur de la diversification du Plan national de croissance et de développement 2026-2030 », cette rencontre a rassemblé de nombreuses participantes issues d’associations, de plateformes et d’organisations féminines.
Organisé sous la supervision générale de Madame Peprcy Ogouliguende, le forum a réuni plusieurs personnalités engagées dans la promotion de l’entrepreneuriat féminin, parmi lesquelles Madame Moussambi Pétronie, cheffe d’équipe, Madame Pigha Annette, coordinatrice du projet, Madame Attambe Nina Andréa épouse Mbina, ainsi que Madame Bandzokou Ralphe Dalia d’Alicia.

Dans son allocution d’ouverture, Madame Pigha Annette a présenté cette rencontre comme un espace d’inspiration, de dialogue et de partage d’expériences destiné à favoriser l’émergence de nouvelles opportunités économiques pour les femmes gabonaises.
Selon elle, l’autonomisation financière des femmes constitue un levier essentiel du développement national. « Une femme économiquement autonome est une créatrice de richesse, d’innovation et de transformation sociale », a-t-elle souligné, rappelant que l’ambition de cette initiative est de permettre aux femmes de produire, d’entreprendre et d’accéder durablement aux ressources financières.
Les participantes ont également été informées des différents mécanismes de financement accessibles aux organisations féminines. Les intervenantes ont notamment expliqué les avantages de la création d’ONG, de coopératives ou de groupements d’intérêt économique afin de bénéficier des programmes d’accompagnement proposés par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Elles ont précisé que les projets retenus doivent démontrer un impact concret et peuvent bénéficier d’un accompagnement allant de 12 à 24 mois.
Prenant la parole, Madame Moussambi Pétronie a expliqué que cette rencontre allait bien au-delà de la simple présentation d’une entreprise. Il s’agissait, selon elle, de partager une vision commune en faveur du développement économique, culturel et social du Gabon.
Elle a ainsi dévoilé le projet « La Gabonaise du Pagne », une initiative inspirée des recommandations gouvernementales encourageant le port des tenues africaines, notamment chaque vendredi dans les administrations publiques.
Ce projet ambitionne de structurer une véritable filière nationale du textile et du pagne en associant directement les femmes gabonaises à son développement. Les futures adhérentes seront appelées à devenir actionnaires de l’entreprise afin de participer au financement, à la production, à l’exploitation et à la commercialisation des tissus et pagnes, tout en bénéficiant des retombées économiques générées par leurs investissements.
La responsable du projet a insisté sur la volonté de construire progressivement une stratégie de nationalisation de cette filière, dans un esprit de partenariat avec les opérateurs déjà présents sur le marché.
Tout au long des échanges, plusieurs entrepreneures ont partagé leurs parcours, démontrant qu’il est possible de bâtir une activité rentable grâce à la persévérance, au travail et à la détermination.
À l’issue des discussions, plusieurs recommandations ont été formulées en direction des femmes, notamment :
• croire en leurs capacités ;
• faire preuve de résilience face aux difficultés ;
• développer une véritable culture entrepreneuriale ;
• rechercher activement les opportunités de financement afin de renforcer leur autonomie économique.
La cérémonie de clôture a été marquée par l’intervention de Madame Makita Tsamba Ralphe Dalia, qui a exhorté les participantes à prendre pleinement conscience de leur rôle dans la transformation économique du pays.

« Que chacune reparte d’ici avec la conviction qu’elle est une femme productrice, entreprenante et autonome. Saisissons les opportunités, accédons au financement et bâtissons ensemble une économie où la femme gabonaise occupe pleinement sa place », a-t-elle déclaré.
Au terme du forum, les participantes ont exprimé leur satisfaction. Madame Koumba Koumba Aïcha, présidente des Femmes musulmanes cadres, a salué une initiative porteuse d’espoir. Elle a encouragé les femmes à rejoindre cette future société spécialisée dans la production et la commercialisation du textile et du pagne gabonais, notamment à base de raphia et de coton, soulignant qu’une entrepreneure doit disposer d’un compte bancaire et intégrer des structures formelles pour renforcer son autonomie financière.
À travers cette rencontre organisée dans le cadre de la JIFA 2026, Challenge Démocratie au Féminin – Femme actrice du changement réaffirme son engagement à faire de l’autonomisation économique des femmes un moteur de croissance, d’inclusion et de développement durable pour le Gabon.

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