Le chômage des jeunes reste une bombe sociale à retardement. À Libreville, le Programme national de recensement des jeunes sans diplômes et sans emploi (PNRI) et la plateforme SOS Jeunesse ont décidé de passer à la vitesse supérieure.
Réunis le vendredi 27 février 2026 à l’immeuble ABC Mall des Charbonnages, autour du thème « Employabilité des jeunes : quels mécanismes ? », responsables associatifs, jeunes diplômés, non-diplômés, entrepreneurs et porteurs de projets ont dressé un constat sans détour : l’urgence est réelle.

Plus de 450 jeunes sans emploi ont déjà été identifiés dans le Grand Libreville. Pourtant, moins d’une centaine ont répondu présents à l’assemblée générale. Un contraste frappant, révélateur à la fois du désarroi ambiant et des difficultés de mobilisation.
« La jeunesse n’attend pas des discours, mais des actes concrets : être guidée, formée et soutenue », a martelé Ndze Adang Vanessa, vice-présidente de SOS Jeunesse. Pour elle, beaucoup de jeunes recensés ne demandent qu’une chose : une opportunité pour transformer leurs idées en projets viables.
De son côté, le président de SOS Jeunesse, Kassim Badi Oyono Constel, a défendu le bilan des initiatives lancées depuis 2022. Selon lui, un jeune est mieux placé pour comprendre les réalités d’un autre jeune, d’où la nécessité d’impliquer davantage cette frange de la population dans les décisions qui la concernent.

Au chapitre des réalisations :
• Plus de 450 jeunes orientés vers des centres de formation ;
• Plusieurs insertions dans différents secteurs d’activité ;
• Une vingtaine de recrutements dans la fonction publique.
Les responsables de SOS Jeunesse ont interpellé le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, appelant à faire de l’employabilité des jeunes une priorité stratégique.
Soutenant les orientations en faveur de l’entrepreneuriat et de la formation professionnelle, ils estiment que la bataille contre le chômage ne peut être gagnée sans une politique volontariste, structurée et inclusive.
« Notre combat n’est dirigé contre personne. Il est dirigé contre le chômage, l’oisiveté et la précarité », a insisté Kassim Badi Oyono Constel, appelant à une mobilisation collective.

Dans cette dynamique, SOS Jeunesse annonce le lancement prochain de l’application « SOS Jeune ». Objectif : recenser plus efficacement les jeunes sans emploi, identifier les porteurs de projets et établir une base de données fiable pour dialoguer avec les autorités et les entreprises.
Le recensement se poursuivra dans tout le Grand Libreville avant une extension à l’intérieur du pays.
Au-delà des chiffres et des discours, une réalité s’impose : la jeunesse gabonaise veut être actrice, et non spectatrice, du développement national. Reste à savoir si l’élan amorcé débouchera sur des mécanismes concrets capables d’inverser durablement la courbe du chômage.
Par Mauricette BADJINA

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