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Gabon : le RENAJI dénonce le maintien en détention de Médard Tounda Youbi et s’inquiète pour la liberté de la presse

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Par Mauricette BADJINA

Le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) a exprimé sa vive préoccupation à la suite du maintien en détention préventive du journaliste Médard Tounda Youbi, incarcéré depuis le 23 avril 2026 à la prison centrale de Libreville. Dans une déclaration officielle rendue publique récemment, l’organisation estime que cette situation soulève des interrogations sur le respect des principes fondamentaux de justice et des libertés publiques.

Selon le RENAJI, le journaliste s’était volontairement présenté devant les autorités judiciaires afin de répondre aux accusations portées contre lui. Le réseau affirme qu’à l’issue de son audition, une décision de mise en liberté provisoire aurait été prononcée par le juge d’instruction avant d’être annulée quelques minutes plus tard, alors que l’intéressé se trouvait déjà en compagnie de sa famille et de responsables de l’organisation.

Le RENAJI évoque ainsi un « revirement brutal et inexpliqué » et estime que cette situation alimente des interrogations sur le déroulement de la procédure judiciaire.

L’organisation souligne également que les accusations initialement retenues contre le journaliste, notamment la diffamation, le chantage et l’extorsion, auraient été abandonnées ou requalifiées en menace par voie de fait. Une évolution que le réseau juge insuffisante pour justifier le maintien en détention préventive de son membre.

Dans sa déclaration, le RENAJI estime par ailleurs que le différend opposant Médard Tounda Youbi à la ministre de l’Entrepreneuriat, Zenaba Gninga Chaning, pourrait dépasser le strict cadre professionnel. Le réseau évoque notamment les relations antérieures entre les deux personnalités lors de la campagne présidentielle de 2025.

Cette affaire intervient dans un contexte que l’organisation qualifie de préoccupant pour la profession journalistique. Le RENAJI cite plusieurs événements récents ayant touché des professionnels des médias, parmi lesquels l’enlèvement de Roland Olouba en janvier 2026, l’arrestation de Harold Leckat en octobre 2025, celle d’Hervé Simon Ndong en août 2025, ainsi que le décès de Brice Ndong après son arrestation en décembre 2025.

Pour le président du RENAJI, Aimé Serge Boulingui, cette succession d’événements alimente les inquiétudes sur les conditions d’exercice du métier de journaliste au Gabon.

« La liberté de la presse n’est pas négociable. Lorsqu’un journaliste est inquiété pour avoir exercé son métier avec rigueur et responsabilité, c’est l’ensemble de la profession qui est interpellé, mais aussi l’État de droit qui est mis à l’épreuve », a-t-il déclaré.

« Notre engagement est clair : défendre chaque journaliste, sans compromission, dans le respect des lois et des principes républicains », a-t-il ajouté.

À travers cette déclaration, le RENAJI réclame le respect des droits de la défense, la transparence de la procédure judiciaire, le respect de la présomption d’innocence ainsi qu’une justice impartiale et indépendante.

L’organisation demande la libération immédiate de Médard Tounda Youbi, estimant qu’aucun élément objectivement établi ne justifie son maintien en détention préventive. Elle appelle également les autorités judiciaires à communiquer officiellement sur les motifs de cette détention.

Le réseau interpelle enfin le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire dans le respect des institutions et des procédures légales.

Alors que le RENAJI se dit prêt à engager toutes les voies légales et républicaines pour défendre son membre, cette affaire continue de susciter de nombreuses réactions et apparaît désormais comme un dossier sensible pour la justice gabonaise et la protection de la liberté de la presse.

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