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Cancer de la prostate : Harvard révèle qu’une activité sexuelle régulière pourrait réduire le risque de 31 %

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Par HBM

Une vaste étude menée sur près de 32 000 hommes remet la santé sexuelle au cœur de la prévention. Les chercheurs de l’Université Harvard estiment qu’une fréquence élevée d’éjaculations est associée à une baisse significative du risque de cancer de la prostate. Une découverte qui relance le débat sur le rôle de l’intimité dans la santé masculine.

Pendant longtemps, la prévention du cancer de la prostate s’est résumée à une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un dépistage précoce. Mais une étude de grande ampleur publiée dans la revue scientifique European Urology apporte un nouvel éclairage sur un facteur souvent ignoré : la fréquence des éjaculations.

Après plusieurs décennies de suivi de 31 925 hommes, les chercheurs de l’Université Harvard ont constaté que ceux qui déclaraient 21 éjaculations ou plus par mois présentaient un risque de développer un cancer de la prostate inférieur d’environ 31 % à celui des hommes déclarant moins de sept éjaculations mensuelles.

Ces résultats, obtenus après avoir pris en compte l’âge, les habitudes de vie et les antécédents médicaux des participants, ne constituent pas une preuve définitive de cause à effet. Ils mettent néanmoins en évidence une association suffisamment solide pour susciter l’intérêt de la communauté scientifique.

Pourquoi un tel effet ?

Plusieurs hypothèses sont avancées.

La première est celle d’un « nettoyage naturel » de la prostate. En favorisant l’évacuation régulière du liquide séminal, les éjaculations pourraient contribuer à éliminer certaines substances susceptibles de favoriser des anomalies cellulaires.

Les chercheurs évoquent également une réduction de l’inflammation chronique, connue pour jouer un rôle dans le développement de plusieurs cancers. Une activité sexuelle régulière pourrait aussi participer à un meilleur équilibre hormonal et soutenir les défenses immunitaires.

Les scientifiques tiennent toutefois à tempérer l’enthousiasme. Cette étude établit une corrélation statistique et non une preuve que les éjaculations fréquentes empêchent directement l’apparition du cancer.

La prévention reste fondée sur des piliers incontournables : une alimentation saine, la pratique régulière d’une activité physique, l’arrêt du tabac, une consommation modérée d’alcool et un suivi médical adapté.

Le dépistage demeure essentiel, notamment à partir de 50 ans, ou plus tôt chez les hommes présentant des antécédents familiaux.

Au-delà de ses conclusions scientifiques, cette étude invite à parler plus librement de santé sexuelle masculine. Les troubles de l’érection, la baisse de libido ou d’autres difficultés ne doivent plus être considérés comme des sujets tabous. Ils peuvent parfois révéler des problèmes de santé nécessitant une prise en charge médicale.

En rappelant que la sexualité fait partie intégrante du bien-être et du vieillissement en bonne santé, les chercheurs ouvrent une nouvelle piste de réflexion dans la lutte contre le cancer de la prostate.

Si cette étude ne constitue pas une ordonnance médicale, elle rappelle une évidence : prendre soin de sa santé passe aussi par une meilleure connaissance de son corps et par un dialogue sans complexe avec les professionnels de santé.

 

Source : Étude publiée dans la revue scientifique European Urology

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